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Le droit mis à l'épreuve

août/sept. 2007

Si la pensée de Paul Ricœur sur le droit et la justice est si pertinente, c’est qu’elle reconnaît qu’on ne peut penser la justice sans s’arrêter tout d’abord sur des conditions réelles où elle se déroule. Au cours d’un procès, le droit n’apparaît plus comme une série de principes ou un code : il est mis à l’épreuve dans sa capacité à dégager la vérité et à dire le juste.

Dans les deux volumes sur le Juste1, Ricœur fait un choix philosophique dont la portée apparaît au fur et à mesure de la lecture de ces textes : il choisit en effet d’aborder la question du juste à partir de son exercice effectif, du lieu propre de sa réalisation, c’est-à-dire du procès. Ce lieu, entendu au sens fort du terme, c’est-à-dire comme ce qui permet un véritable événement, n’est réductible ni au droit, ni à la morale, ni à la politique. Sans limiter le droit et la justice à cette mise en scène, aussi centrale soit-elle, Ricœur voit dans le procès une figuration philosophique de la place spécifique du droit et de la justice par rapport au politique et à la morale.

Dès le début de son œuvre, Ricœ

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Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, "Le Bien commun". Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être...

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