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Comment vivre avec la catastrophe ? Une série télévisée : Lost

mars/avril 2008

Comme dans d’autres aventures de réfugiés, l’idée de réunir sur une île les survivants d’un accident d’avion permet de proposer une grande métaphore de la vie sociale. Une série télévisée américaine au succès international montre que, dans l’imaginaire actuel, la catastrophe ne peut jamais être considérée comme révolue : elle continue à faire sentir ses effets au présent, elle se prolonge. La catastrophe, c’est ce qui se poursuit.

Les « films catastrophe » constituent un genre cinématographique à part entière. Il s’est illustré notamment par La tour infernale1 qui met en scène l’incendie d’un gratte-ciel dans lequel des invités endimanchés périssent au bout d’une heure et demie d’efforts désespérés pour franchir des escaliers démolis et échapper aux flammes, le tout sur fond de corruption et d’avarice. L’incendie emporte d’ailleurs avec lui les architectes véreux, ce qui donne à la fin du film une touche morale. La même structure narrative est présente dans L’aventure du Poséidon2, dans lequel un naufrage interrompt brusquement un gala. Ces films, même s’ils ne sont pas les premiers à représenter une catastrophe3, ont produit un choc en montrant que la catastrophe n’arrive pas qu’aux autres et que chacun peut être surpris dans des circonstances les plus inattendues : le paroxysme du jeu social d’une réception ou d’un gala contraste avec son contraire, l’instinct de survie, la course de chacun pour tenter de sauver sa peau.

C’est cependant la télévision la plus grande pourvoyeuse d’images qui nourrissent l’imaginaire contemporain de la catastrophe. La télévision brouille la distinction entre catastrophe imaginée et désastres bien réels : les images qu’elle d

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