Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Photo Netflix
Flux d'actualités

Le nécrocapitalisme de Squid Game

Dans le jeu de la série, comme dans la société coréenne contemporaine, il n’y a que deux possibilités : être riche ou périr dans la misère et à la limite de la folie.

Ces jours-ci, il n’est pas rare de voir dans les rues de Séoul des livreurs de pizzas affublés du désormais célèbre symbole (un triangle, un cercle et un carré alignés) de la série la plus populaire sur Netflix, Squid Game de Hwang Dong-hyuk. Comme pour dire qu’eux aussi sont sur le fil du rasoir, entre la vie et la mort, à l’instar des joueurs du très secret Squid Game. Dans la série, le symbole est inscrit sur une carte de visite au verso de laquelle se trouve un numéro de téléphone que les volontaires doivent appeler. Ce numéro fait également l’objet d’un phénomène social : son malheureux propriétaire a été harcelé de dizaines de milliers d’appels. Le fantasque chef du Parti national révolutionnaire a même proposé de racheter ce numéro à son propriétaire pour 75 000 euros. En plein lancement de la campagne électorale présidentielle, cela n’est pas passé inaperçu dans les médias même si, en dehors du coup de communication, le sens du geste reste encore à éclaircir. La presse pro-gouvernementale n’a pas tardé à réagir. D’un côté, elle apprécie la promotion culturelle de la Corée grâce aux jeux traditionnels qui servent de base à l’intrigue, mais d’un autre côté, elle déplore que les productions coréennes se tournent désormais vers Netflix pour décrocher un succès international aux dépens des plateformes locales. Si cette dernière observation va de soi, l’idée de promotion culturelle semble oublier les représentations sociales extrêmement critiques – mais justes –

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Antoine Coppola

Réalisateur et maître de conférence à l’université Sungkyunkwan de Séoul, il est l’auteur de Le cinéma asiatique (L’Harmattan, 2004). Voir son article « Cinéma et agitation sociale en Corée du Sud » (www.esprit.presse.fr, le 5 avril 2017).