Serie The Handmaid’s Tale : la servante écarlate - Saison 1 | Copyright tmdb
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L’appel à la résistance de La Servante écarlate

La dystopie – ou la contre-utopie – recèle de fortes consonances politiques. Inspirée des catastrophes historiques, elle fabule un monde futuriste cauchemardesque. Elle extrapole jusqu’à leur paroxysme les dérives totalitaires des démocraties.

Une trentaine d’années après la publication de La Servante écarlate, Les Testaments viennent clore la dystopie créée par la romancière canadienne Margaret Atwood. Dans l’État de Gilead, érigé dans le sang sur les décombres des États-Unis, sévit un totalitarisme patriarcal et religieux qui asservit les femmes. Le premier tome narre les événements du point de vue d’une « servante écarlate », vouée à la procréation dans un monde vérolé par l’effondrement de la fécondité. À travers un récit éclaté, elle raconte son chemin de croix : enlèvement de son premier enfant, brimades et rééducation, mise en péril de son identité, tentatives de résistance… Reprenant le fil du récit une quinzaine d’années plus tard, Les Testaments entremêlent trois témoignages : celui de Tante Lydia, fondatrice de l’organe de contrôle – entièrement féminin – chargé de domestiquer les femmes, et ceux de deux jeunes filles au destin brisé par le pouvoir. Best-seller, La Servante écarlate a connu plusieurs adaptations, dont un film en 1990 et une série en 2017.

Femmes en linceul

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Nathalie Bittinger

Agrégée de lettres modernes et maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Strasbourg, elle a publié 2046 de Wong Kar-wai (Armand Colin, 2007) et a dirigé Cinémas d'Asie. Nouveaux regards (Presses universitaires de Strasbourg, 2016) ainsi que Dictionnaire des cinémas chinois. Chine, Hong Kong, Taiwan (Hémisphères/Maisonneuve et Larose, 2019). …

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.