L’affaire Cantat et la mécanique de l’emprise
Journaliste et coréalisatrice de la mini-série documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat (Netflix, 2025), Anne-Sophie Jahn enquête depuis 2016 sur le meurtre de Marie Trintignant1 en 2003 à Vilnius et le suicide de Krisztina Rády en 2010 à Bordeaux. Après la publication d’un premier article pour Le Point en 2017 intitulé « Bertrand Cantat, enquête sur une omerta », et la publication en 2023 de l’ouvrage Désir Noir (Flammarion), elle revient sur le traitement médiatique de l’affaire Bertrand Cantat et nous invite à une relecture de ce fait divers à l’aune du mouvement Me Too et du concept de féminicide.
Votre documentaire reprend une enquête qui s’appuie sur des archives, des témoignages inédits et les enregistrements vidéo des interrogatoires de Bertrand Cantat par la justice lituanienne. Ce qui frappe, d’abord, c’est que votre documentaire aborde ce qui n’est plus un fait d’actualité, ni encore un fait d’histoire. C’est cet entre-deux qui permet un travail de rétrospection sur la manière dont un événement a été lu et compris à l’époque, et la manière dont on le relit aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous a frappé en commençant vos recherches ?
Contrairement à d’autres journalistes qui ont couvert l’affaire depuis le début, je n’ai commencé à ne m’y intéresser qu’en 2016, donc plusieurs années après les faits. Je me suis replongée dans les archives de l’époque, mais avec un regard contemporain. J’avais accès à toutes ces informations, sur un même plan, mises à plat en quelque sorte. Je voyais ressortir clairement une chronologie des faits. Avoir accès à tous ces éléments, d’un seul coup, m’a permis de constater à quel point le traitement médiatique de cette affaire avait été choquant. À titre d’exemple, les articles en une des journaux évoquaient la passion amoureuse, mais le rapport d’autopsie, qui décrivait précisément des faits très violents, n’était évoqué qu’en page 4 sur une colonne… Lors de mes recherches, cette hiérarchie émotionnelle, ou sociale, construite par le regard de l’époque, ne tenait plus. J’ai donc pu porter un autre regard, reprendre toutes les informations de manière objective, et comprendre ainsi le décalage entre l’extrême violence de ce qui s’est passé et la clémence dont Bertrand Cantat a bénéficié. Très vite, après avoir commencé à travailler, mon sujet n’était plus Cantat, mais notre regard sur cette histoire. Le sujet, c’était nous, et la manière dont notre regard a évolué.
Votre travail s’attarde non seulement sur le traitement médiatique de ces faits, mais également sur la manière dont ils sont nommés. Alors qu’on parlait de « passion tragique », de « fatalité amoureuse », vous obligez à nommer ces actes autrement. Votre enquête porte-t-elle sur un fait de société ou plus largement sur nos représentations de l’amour ?
Une des premières choses qui m’a frappée est l’utilisation constante du champ lexical amoureux. Cantat ne parle que de son « amour ». Les témoins parlent d’« une amoureuse passionnée », « d’un grand amoureux », et décrivent « une histoire d’amour incroyable ». On parle également de passion, tant pour décrire leur relation que pour expliquer que Cantat a été « victime de sa passion ». En réalité, on voit que par l’utilisation de ce champ lexical, Cantat est complètement déresponsabilisé dès le début. Une dispute l’a poussé à bout, et il ne pouvait plus se maîtriser… Finalement, c’est la passion qui a donné ces coups, et pas lui. En devenant un instrument de la fatalité, il n’était plus responsable de la mort de Marie Trintignant. C’est comme ça que Bertrand Cantat s’est présenté, mais c’est aussi comme cela qu’il a été vu par son entourage.
Une des premières choses qui m’a frappée est l’utilisation constante du champ lexical amoureux.
Lors des interrogatoires menés par la justice lituanienne, il est frappant de constater que pas une seule fois Bertrand Cantat ne semble éprouver du remords. Il donne le sentiment qu’il a été entraîné fatalement dans ce crime et qu’il en est la première victime. On ne peut que s’interroger sur la mansuétude collective à son égard et le crédit qui lui a été accordé.
Cela va même plus loin que la seule mansuétude à l’égard de Cantat. Il faut souligner à quel point Marie Trintignant a été dépeinte de manière péjorative. Elle apparaissait comme une femme libre mais légère, ayant eu quatre enfants de quatre pères différents ; une femme passant d’un homme à un autre, et sa dernière « proie » avait été Bertrand Cantat. Il était souligné qu’elle était plus âgée que lui, alors qu’elle n’avait qu’un an ou deux de plus… Cela donnait le sentiment d’une mante religieuse, qui l’avait poussé à bout, et qu’il n’avait pas eu d’autre choix que d’être violent avec elle.
Lui, en revanche, apparaissait comme un homme « entier » – ce mot revient tout le temps –, quelqu’un qui se donne. Or, la réalité, c’est que Cantat était marié avec Krisztina Rády lorsqu’il a rencontré Marie Trintignant, que son épouse était enceinte et qu’il l’a quittée à la maternité juste après qu’elle ait accouché. Mais cela, personne n’en parle. En ce sens, la passion amoureuse est décrite différemment lorsqu’il s’agit d’un homme ou d’une femme qui quitte l’autre, et elle repose sur une vision très patriarcale. Une femme qui quitte un homme pour un autre est une « pute », alors qu’un homme qui quitte une femme pour une autre est au contraire quelqu’un d’« entier ». Il est presque mis sur un piédestal… Cantat aussi a beaucoup dénigré Marie Trintignant en racontant qu’elle le rendait fou, qu’elle le forçait à ne plus parler à son épouse, alors qu’elle ne correspondait pas du tout au portrait d’une femme jalouse. En s’attardant sur ces éléments factuels, on voit à quel point la manière dont on a pu percevoir ce couple reposait sur des biais de notre société, et sur une certaine façon d’aimer lorsqu’on est une femme et lorsqu’on est un homme. Celle-ci repose sur une vraie inégalité sexuelle : une femme qui a une sexualité libre éveille les soupçons, elle est dangereuse, alors qu’un homme qui a une sexualité libre ne pose pas question.
Le documentaire met également au jour une inversion du vocabulaire de la domination dans le traitement médiatique de cette affaire. Bertrand Cantat aurait lui-même été sous l’emprise de son propre sentiment amoureux. Selon vous, que révèle cette terminologie ?
Les enregistrements des interrogatoires de Bertrand Cantat durent sept heures. Cela suffit pour avoir un bon aperçu de sa psyché, de sa vision de l’amour. Il est évident que pour lui l’amour est certes quelque chose d’absolu, mais aussi que la femme doit être « pure ». À titre d’exemple, il est obsédé par ce texto envoyé par Marie Trintignant à son ex-mari. Il veut posséder cette femme qu’il a par ailleurs dû idéaliser. L’idée qu’elle puisse le quitter ou s’éloigner lui est insupportable. Il est également frappant de constater que lors de ces interrogatoires, il ne dit rien sur elle en tant qu’individu. Lorsqu’on lui pose des questions, jamais il ne présente Marie Trintignant comme une personne avec des qualités et pas uniquement des défauts, comme une femme, une mère. Tout est vu au travers de son prisme à lui. Il ne parle que de son amour, qui est total, mais qui est projeté sur un objet qui pourrait finalement être n’importe qui. La femme qu’il aime est désincarnée.
C’est quelque chose de typique chez les hommes violents et que l’on retrouve dans tous les cas de féminicide. Il s’agit d’hommes qui ont des fragilités et qui projettent sur une femme un besoin énorme d’être aimé. Le rapport amoureux est biaisé dès le début, car la jalousie n’est pas un signe d’amour mais de possession. Les hommes possessifs et violents sont incapables de voir l’autre en amour comme un égal : ils sont focalisés sur eux-mêmes. À ce titre, il faut dire que cette nuit-là, Marie Trintignant est déjà inconsciente lorsque Cantat lui assène les derniers coups qui vont lui être mortels. Il l’avait déjà violemment secouée et elle avait perdu connaissance. Il s’acharne donc sur un objet désincarné et qui n’est plus capable de se défendre. Dans le même sens, on retrouve systématiquement la rupture comme élément déclencheur du passage à l’acte féminicide. La mort de Marie Trintignant n’a donc plus rien à voir avec « l’amour ». Elle repose uniquement sur ce que Cantat a projeté sur elle, et sur ce que la rupture signifie pour lui : s’il est quitté par cette femme qu’il aime, cela veut dire qu’il n’est plus rien.
Pour toute la génération concernée, la mort de Marie Trintignant constituait un fait divers spectaculaire, que l’on regardait de l’extérieur et qui ne concernait pas la société en tant que telle (description d’un amour intense, prestige de la figure de rockstar, victime issue d’une grande famille du cinéma français). Le caractère exceptionnel de ce féminicide a empêché de voir le monstre qui était caché sous le statut de rockstar, et de se rendre compte du point auquel les violences conjugales sont ordinaires et touchent toutes les couches de la société.
C’est la raison pour laquelle le terme « monstre » est dangereux, car il crée une distance. Si le degré ultime des violences conjugales est le féminicide, elles débutent en réalité bien avant. Il y a, au départ, la volonté de posséder l’autre, qui concerne plutôt l’homme en général. Il y a d’abord les comportements jaloux ou toxiques, le fait de suivre sa femme, de fouiller son téléphone. Le stade suivant est la violence verbale. Puis, il y a la violence physique. Le féminicide est le dernier stade des violences conjugales. C’est la raison pour laquelle il y a, à mon sens, un problème dans la manière dont les féminicides sont racontés. Le récit débute toujours par la fin. Concernant Marie Trintignant, le récit débute systématiquement par Vilnius et l’appel aux secours durant la nuit du 26 au 27 juillet 2003. Or Vilnius n’est que la fin de l’histoire. Celle-ci débute en réalité bien avant : quand Bertrand Cantat ne supporte pas que Marie Trintignant aille boire un verre avec le père d’un de ses enfants, quand il ne supporte pas qu’elle travaille… Et comme le début de l’histoire n’est jamais raconté, on ne peut pas comprendre à quel point ces affaires de violences conjugales nous concernent tous. À l’inverse, si l’on reprend l’histoire depuis le début, cela commence à faire « tilt » dans nos esprits, car nous avons tous déjà été confrontés à une situation qui était en train de déraper.
Votre documentaire constitue un travail de mémoire, car il ne s’agit pas de proposer deux lignes interprétatives concurrentes au même moment, mais de proposer une relecture a posteriori de la ligne interprétative de l’époque. C’est ce décalage qui permet une remise en question. Était-ce votre intention d’inviter à un examen de conscience de notre société en déplaçant notre regard ?
Il y a d’abord une première chose : Bertrand Cantat a repris sa carrière et a fait son retour sur la scène musicale. L’année où a commencé le mouvement Me Too, par exemple, il faisait la une des Inrocks pour parler de son nouvel album. Il s’est également beaucoup servi des médias durant son procès : son entourage donnait des interviews et jouait le jeu de la presse people. La seconde chose, c’est que l’actualité autour de Bertrand Cantat a malheureusement continué avec le suicide de Krisztina Rády, sur lequel il a réagi dans les médias. Il n’a jamais cessé d’être présent dans le paysage médiatique depuis vingt ans. C’est cette omniprésence qui permet d’étudier l’évolution de notre regard sur la mort de Marie Trintignant au fil du temps. Par ailleurs, il était important pour moi d’utiliser le terme « féminicide », parce que 80 % des homicides conjugaux sont commis par des hommes sur des femmes. Tout cela interroge plus largement les rapports entre les sexes, la définition de la masculinité et de l’amour. Il y a un véritable travail de questionnement à faire sur ces constructions sociales patriarcales. Elles ne sont pas innées, peuvent être remises en question. Mais il s’agit d’un travail que les femmes ne peuvent faire qu’avec l’aide des hommes, et toutes générations confondues.
Vous avez enquêté pendant une dizaine d’années sur l’affaire Cantat. Vous occupez par ailleurs plusieurs rôles dans ce documentaire ; à la fois derrière et face caméra. Qu’apportent ce parti pris et cette subjectivité assumée dans le traitement du sujet ?
Le propos même du documentaire est subjectif puisqu’il ne s’agit pas seulement de l’affaire Cantat, mais de notre regard collectif sur cette affaire. Le traiter comme quelque chose d’extérieur à moi, alors même que cela nous concerne tous, aurait été hypocrite. Comme tout le monde, je n’ai pas vu ni compris tous les enjeux en 2003. Mon regard a évolué, mais cela a pris beaucoup de temps. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de témoigner en faisant part de mon évolution personnelle dans la compréhension de ce fait divers. Mais je reconnais aussi que je ne suis pas un personnage du documentaire comme un autre, puisque je suis aussi en salle de montage et que je prends des décisions. Il est également vrai que j’ai été impliquée dans cette affaire plus que n’importe quel autre spectateur, car j’ai été confrontée lors de la parution de mon article pour Le Point en 2017 à du harcèlement en ligne et à des poursuites judiciaires. Mais justement, mon regard permet aussi de raconter ce qu’il se passe lorsqu’on tente d’enquêter sur Bertrand Cantat.
J’ai fait face à une réelle omerta et j’ai senti une chape de silence et de terreur autour de lui, des années pourtant après les faits. J’ai également fait l’objet de réactions publiques virulentes, j’ai même été attaquée par Éric Dupond-Moretti. On me dépeignait comme une féministe hystérique. Les réactions étaient tellement violentes que j’ai compris pourquoi l’entourage de Cantat ne parle pas. Dans le même sens, lors de la procédure en diffamation, j’ai vécu de l’intérieur le système de pression qu’il exerce sur les gens pour qu’ils se taisent. J’ai décidé de parler de toutes ces réactions dans le documentaire car elles me semblaient très révélatrices.
La troisième partie du documentaire est consacrée au suicide de Krisztina Rády. Lors de sa diffusion, le procureur de la République de Bordeaux a fait savoir que certains éléments de votre enquête n’avaient jamais été communiqués à la justice et qu’il rouvrait le dossier pour les étudier. Qu’en est-il cette fois d’une requalification qui ne serait pas seulement médiatique, mais également juridique ?
L’enquête n’est pas rouverte sous la qualification de « suicide forcé », car cette notion juridique n’est apparue en droit français qu’après la mort de Krisztina Rády. Le procureur de la République se concentre de manière plus large sur la question des violences conjugales qu’elle aurait subies. Néanmoins, dans l’esprit du grand public, Krisztina Rády reste un cas emblématique du suicide forcé. C’est une femme qui était victime de violences et complètement sous l’emprise de Bertrand Cantat. J’ai lu les messages envoyés juste avant sa mort : c’est très clair et elle le dit, elle a peur pour sa vie et elle sent qu’elle n’a aucune issue. Dans certains messages à ses parents, elle dit : « S’il m’arrive quelque chose, il y a des témoins. » On les attend toujours ! Tous les témoins se taisent, encore aujourd’hui. Personne n’a défendu cette femme. Elle était seule.
Il y a un tabou autour des violences conjugales. Ces violences sont commises dans la chambre à coucher, derrière des portes que l’on n’a pas envie d’ouvrir.
Bertrand Cantat a été condamné pour avoir tué une femme à mains nues, mais malgré tout, les témoins préfèrent se taire plutôt que de défendre Krisztina Rády. C’est complètement fou ! S’il est vrai que son statut de rockstar et d’homme engagé l’a protégé, il y a plus généralement un tabou autour des violences conjugales. Ces violences sont commises dans la chambre à coucher, derrière des portes que l’on n’a pas envie d’ouvrir. Mais si Bertrand Cantat avait battu le patron d’Universal, même s’ils avaient été seuls dans une pièce, tout le monde en aurait parlé. Ici, parce que la victime était mariée à l’auteur des faits, il était trop difficile d’en parler.
Selon vous, votre travail peut-il contribuer, même indirectement, à mieux parler des violences conjugales ? À montrer que l’amour a très souvent servi à déguiser violence, emprise, et patriarcat ?
La vraie question est plutôt : « Est-ce que c’est ça, l’amour ? » Vouloir posséder une femme que l’on ne considère pas comme un être en tant que tel, qu’on ne connaît pas réellement et qu’on ne veut pas vraiment connaître ? La possession concerne un objet et non pas un sujet. Il y a à mon sens un malentendu sur ce qu’on appelle « amour ». Il ne s’agit pas réellement d’une remise en question de ce qu’est l’amour, mais de ce qu’on appelle « amour ». L’objectif du documentaire est de poser des questions et de faire en sorte que l’on s’interroge tous individuellement, dans nos vies quotidiennes, sur nos rapports aux autres, aux hommes, aux femmes, à la violence, à l’amour… Que cela puisse avoir un impact pour des gens, qu’ils puissent reconnaître qu’ils sont dans une relation toxique qui est en train de basculer dans la violence. C’est d’ailleurs la morale du documentaire à la fin, quand la journaliste Michelle Fines explique qu’elle était en couple avec un homme violent et que c’est le fait d’avoir couvert l’affaire Bertrand Cantat qui lui a permis de prendre conscience du danger, et de partir. De nombreux spectateurs du monde entier m’ont dit la même chose : « J’ai été dans une situation semblable, et je comprends à quel point j’aurais pu finir comme Marie Trintignant. »
Que changeaient, pour votre documentaire, la production et la diffusion par une plateforme mondiale comme Netflix ? Comment trouver un coefficient d’universalité pour qu’une affaire franco-française puisse toucher une audience mondiale ?
Le fait de s’adresser à une audience mondiale imposait une réalité concrète : la plupart des gens qui ont regardé le documentaire ne connaissaient pas cette affaire et n’avaient jamais entendu parler de Bertrand Cantat. Il fallait donc que cette histoire leur parle à eux aussi. Le documentaire a battu des records d’audience. Il a évidemment eu une très bonne audience en France, mais il a résonné ailleurs, car nous avions gardé en tête pour la réalisation que la plupart des spectateurs n’avaient aucune connaissance de ce fait divers. Il y a donc eu toute une mise en contexte de qui étaient Bertrand Cantat et Marie Trintignant, et de l’onde de choc que cela a été à l’époque.
Par ailleurs, il fallait s’inscrire dans un traitement même du documentaire qui soit universel. C’est la raison pour laquelle nous avons repris les codes du true crime. Ce choix a été critiqué mais il constitue un parti pris. Le true crime a une force incroyable car le spectateur, qui ne s’intéresse pas a priori au sujet des féminicides ou des violences conjugales, est happé par l’histoire. Et tout d’un coup, sans s’en rendre compte, il se retrouve à se poser des questions. Il s’agissait d’une porte d’entrée pour s’adresser au plus grand nombre de spectateurs. Si mes livres ont touché beaucoup de femmes, de féministes, avec le documentaire Netflix, ce sont des hommes qui m’ont écrit, et des personnes de soixante-dix ans.
Propos recueillis par Camille Riquier et retranscrits par Guilaine Ganry
- 1. Bertrand Cantat a été condamné le 29 mars 2004 par le Tribunal d’arrondissement de Vilnius à une peine de huit ans d’emprisonnement ferme pour « meurtre commis en cas d’intention indirecte indéterminée », ce qui correspond en droit pénal français à des « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».