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Nietzsche, Foucault et la vérité

Dans Les Foudres de Nietzsche, Jacques Bouveresse se demande comment on a pu oublier la violence réactionnaire de Nietzsche. Et il regrette que Foucault s’appuie sur Nietzsche pour confondre la vérité avec les abus de pouvoir commis en son nom. Une telle confusion encourage en effet la défiance à l’égard de la science.

L’ouvrage posthume de Jacques Bouveresse, Les Foudres de Nietzsche, traite de questions qu’il avait déjà abordées dans son Nietzsche contre Foucault1. En ces temps inquiétants où le déni, la désinformation et la défiance à l’égard de la connaissance rationnelle sont devenus des problèmes politiques majeurs2, l’importance du thème de la vérité dans le compagnonnage entre Nietzsche et la pensée postmoderne confère à ce livre une actualité brûlante.

Le paradoxe d’un nietzschéisme de gauche

Le fil conducteur du livre de Bouveresse est la contradiction, flagrante, entre les implications politiques des idées de Nietzsche et la manière dont celles-ci ont été reçues et interprétées par des intellectuels qui se présentent eux-mêmes comme des penseurs de gauche : « Étant donné l’hostilité patente, constante, déterminée et même parfois violente que Nietzsche a manifestée contre des choses comme la démocratie, le socialisme, le progrès social, l’égalité – y compris, soit dit en passant, l’égalité entre les hommes et les femmes –, il n’aurait jamais dû, semble-t-il, y avoir un Nietzsche de gauche. Et pourtant, il y en a eu bel et bien un, et c’est même celui qui a occupé dans la période récente le devant de la scène et est devenu plus ou moins le Nietzsche officiel

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Bernard Perret

Bernard Perret est haut fonctionnaire ; il a longtemps travaillé pour l'INSEE, pour ensuite se tourner vers les questions écologiques et de développement durable au sein de différentes instances (dont le Ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie). Il est l'auteur de nombreux essais sur les politiques publiques, les liens entre économie et société, le développement durable (

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.