Dans le même numéro

De la révolution aux restaurations ? (entretien)

Les protestations dans les pays arabes relèvent de processus révolutionnaires : alors qu’on croyait ces sociétés immobiles, c’est une analyse politique de leurs dynamiques internes qu’il nous faut reprendre pour expliquer le mouvement historique qui les soulève.

Hamit Bozarslan – Indépendamment de la part d’inattendu que recèlent toujours les événements, on peut relever des éléments structurels permettant de comprendre les révolutions qui traversent le monde arabe. Je ne reviens pas ici sur les réalités démographiques : le poids des jeunes, et la question générationnelle, le malaise des jeunes générations, leur maîtrise des nouvelles technologies (on s’est rendu compte que, sans être nécessairement équipés chez eux, vingt-trois millions d’Égyptiens avaient accès à l’internet, ce qui est un chiffre inattendu et considérable). Il faut tout d’abord repartir du fait autoritaire et de l’évolution de l’État. Dans la plupart des pays du Proche et du Moyen-Orient, l’État prend, pour utiliser une notion suggérée par Michel Camau, la forme d’un cartel, c’est-à-dire qu’il fait l’objet d’un partage entre groupes qui s’approprient le pouvoir. L’État s’est aussi transformé du point de vue de la gestion de la sécurité en met

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Bruno Aubert

Diplomate et arabisant dans la tradition de l’orientalisme français (voir son article sur Louis Massignon), ambassadeur de France au Soudan, sa réflexion fait le lien entre la connaissance historique et culturelle de l’aire arabo-musulmane et l’analyse des soubresauts politiques contemporains.

Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

Dans le même numéro

La dynamique révolutionnaire dans les sociétés arabes

Risque naturel et crise morale au Japon

La catastrophe est-elle une politique ?