Photo : Titouhwayne (CC BY-SA 4.0) via Wikimédia
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Législatives en Algérie : un non-événement sur fond de répression du Hirak

septembre 2021

En Algérie, les élections législatives de juin 2021 sont une nouvelle ruse de la part d’un régime prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Les manifestants du Hirak sont engagés dans une guerre d’usure contre le régime et la mobilisation se poursuit malgré le coup d’arrêt imposé par la pandémie et la violente répression.

Coupures d’Internet, coupures d’eau, crise économique, hôpitaux saturés, couvre-feu, fermeture des frontières… Vivre en Algérie en l’an II du Hirak s’avère de plus en plus rude. La lassitude et la peur ont pris le pas sur l’euphorie des débuts, où jeunes et vieux, femmes et hommes de différentes couches sociales se réunissaient chaque vendredi dans les rues du pays depuis le 22 février 2019. Marcher pour marcher, risquer l’emprisonnement : les impasses et les menaces planent sur le mouvement de contestation. Dans ce contexte, les élections législatives du mois de juin sont apparues comme une énième manœuvre d’un pouvoir sûr de lui, qui n’a plus rien à céder aux activistes ni à offrir à sa population, si ce n’est une façade démocratique.

Le vote, un non-événement

Le 12 juin dernier, 24 millions d’électeurs algériens ont été appelés à voter aux élections législatives. Le suspens était à l’image des scrutins précédents : il était couru d’avance que les partis affiliés au pouvoir l’emporteraient. Aussi le taux d’abstention a-t-il été massif, atteignant officiellement 67 %, ce que nombre d’Algériens considèrent même comme un chiffre revu à la baisse. Le Hirak passé par là ne semble pas avoir changé la donne par rapport aux législatives précédentes, où l’on décomptait un taux de participation de 38, 25 % en 2017 et de 43 % en 2012. « L’impression qu’on est coincés dans une boucle temporelle où le FLN gagnerait toujours quoi qu’on fasse  »

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Camille Leprince

Diplômée de Sciences Po Paris en affaires internationales et de l'EHESS en arts et langages, Camille Leprince est chargée de recherche pour une institution artistique et culturelle. Ses recherches portent principalement sur la création dans le monde arabe et sa diaspora, mais aussi sur les dynamiques sociopolitiques de cette région.

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La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s’inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu’elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l’œuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l’habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains : l’accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l’État, la solidarité et la ségrégation… Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement. À lire aussi dans ce numéro : le piège de l’identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d’Orphée.