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Jean Douchet ou l’élégance de l’intelligence

janv./févr. 2020

Jean Douchet cinéaste, critique et historien s'est éteint ce mois de novembre 2019. Revenons sur sa vie de passeur et inspirons-nous de l'écoute qu'il accordait au public lors de ses interventions publiques.

Jean Douchet est mort le 22 novembre 2019, il avait 90 ans. Il laisse derrière lui tous ceux qui ont bénéficié de son enseignement, et ils sont nombreux, soit parce qu’ils ont suivi ses cours à l’Idhec, à Vincennes, à Jussieu ou à la Fémis, soit parce qu’ils l’ont écouté à son ciné-club de la Cinémathèque française, du Panthéon ou dans une salle d’art et essai quelque part en France, de la banlieue parisienne au Havre ou Nice en passant par Hérouville-Saint-Clair.

En effet, Douchet était avant tout un « passeur ». Autant dire qu’il compte parmi ceux qui ont su transmettre leur amour du savoir – du cinéma en l’occurrence. En témoignent les jeunes cinéastes qui, dans les années 1960 et 1970, ont fait appel à sa complicité de figurant dans leurs films (Jean-Luc Godard, Jean Eustache…) ou, aujourd’hui, ceux qui, en reconnaissance de dette affectueuse, lui demandaient eux aussi des conseils ou une apparition tutélaire (Xavier Beauvois, Émilie Deleuze, Arnaud Desplechin, Noémie Lvovsky, pour ne prendre que quelques exemples).

Cette passation s’effectuait surtout par la parole, en public. Certes, Jean Douchet a réalisé quelques films, des courts-métrages, de

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Carole Desbarats

Pour avoir accompagné plusieurs générations d'étudiants à la Femis, Carole Desbarats s'intéresse à tous les aspects du cinéma, de son économie à son esthétique. Elle s'interroge aussi sur les responsabilités de la transmission, dans l'école et en dehors de l'école, notamment à travers l'association "Les Enfants du cinéma". Voir et comprendre le cinéma, ce n'est pas pour elle un exercice de…

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