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Les Amours d'Astrée et de Céladon, d'Éric Rohmer

octobre 2007

Le dénominateur commun des films d’Éric Rohmer, c’est leur côté ludique. Le plus intelligent, le plus subtil et le plus profond des réalisateurs français a le goût du jeu et l’a communiqué à ses personnages. Aimer le jeu, c’est faire confiance au hasard, tout risquer sur un pari ou – le paradoxe n’est qu’apparent – être un volontariste. Même le plus indécis des héros de Rohmer, Gaspard (Melvil Poupaud) dans Conte d’été, est un volontariste de l’indécision : il a choisi de ne pas choisir.

Rien d’étonnant, donc, à ce que l’Astrée, d’Honoré d’Urfé, ait séduit Rohmer. Céladon, le héros de ce roman précieux du début du xviie siècle, est, avec un peu d’avance, le héros rohmérien type. Mais l’adaptation de l’Astrée semblait quasi impossible. Comment, sans ridicule, porter à l’écran une histoire qui se passe dans la Gaule du ve siècle telle que la représentaient Honoré d’Urfé et les gravures du temps, c’est-à-dire avec des bergers, des nymphes, des druides et des châteaux Renaissance ? Raison de plus pour que Rohmer, qui aime, comme ses personnages, s’imposer des contraintes et se lancer des défis, ait eu envie de tenter l’aventure.

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Claude-Marie Trémois

Romancière et rédactrice en chef cinéma àTélérama de 1951 à 1995, Claude-Marie Trémois a été critique cinéma à la revue Esprit de 1998 à 2015.

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