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Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda

Devant la plupart des films que j’aime, il y a toujours un moment où me vient, étonnée et ravie, cette réflexion : « Ça va vite et ça prend son temps ». Ce qui veut sans doute dire : « Quel plaisir de ne jamais traîner et quel bonheur de s’attarder juste là où l’on en a envie ! ». Cléo de 5 à 7 [1] est sans doute le meilleur exemple de ce paradoxe, puisque sa construction même est un jeu entre le temps et la durée. Ecoutez Agnès Varda :

« Dans chacun de mes films, il y a une contradiction. Je raconte toujours deux choses en même temps. […] Dans Cléo, le temps objectif (deux heures d’horloge entre 5 et 7 qui correspondent d’ailleurs, à une demi-heure près, à la durée réelle du film) s’oppose au temps subjectif (cinq minutes peuvent sembler deux heures, une demi-heure glisser comme une minute…) »[2]

Revoir Cléo de 5 à 7, le deuxième film d’Agnès Varda, réalisé en 1961, sorti en avril 1962 et présenté le mois suivant en compétition au Festival de Cannes, nous r&eac

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