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La tradition du nouveau. Chronique transatlantique VII

mars/avril 2011

#Divers

Chronique transatlantique (VII)

Pourquoi parler d’une « tradition du nouveau » ? La formule vient du critique Harold Rosenberg dont les essais contribuèrent fortement à la popularité de cette peinture américaine qu’il appelait action painting, et que le musée d’Art moderne (le Moma) vient de consacrer sous le nom d’« expressionnisme abstrait1 ». Présentée d’abord en 1940 dans la Chute de Paris et reprise après la guerre dans American Action Painters de 1952, la formule lui sert de titre au recueil qu’il publie en 19592. La thèse de Rosenberg est que la capacité qu’avait jadis Paris de brasser les nationalités, les styles et les genres pour créer du nouveau avait traversé l’Atlantique et s’incarnait désormais dans une Amérique dont la « tradition » n’était justement rien d’autre que la constante création du nouveau. La thèse est astucieuse, mais paradoxale : devenu « tradition », l’impératif de la nouveauté risque de devenir un formalisme où le neuf devient une fin en soi, non seulement vidé de sens mais incapable de se distinguer du non-sens. Comme la révolution en politique, cette constan

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Dick Howard

Professeur de sciences politiques aux Etats-Unis, il connaît bien l'Allemagne et la France, d'où un travail de médiation philosophique entre les trois pays, qui porte notamment sur les héritages du marxismes entre l'Europe et l'Amérique, mais aussi les débats et les malentendus transatlantiques. Il a notamment publié en Français, Aux Origines de la pensée politique américaine, Paris,…

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