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Photo : [2Ni] via Unsplash
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Accueil en éclats

avril 2021

L’accueil suppose une considération attentive de l’autre, qui accepte de s’exposer à sa singularité. Si une telle éthique de l’hospitalité reste possible, elle est compromise par les politiques de la peur qui l’emportent trop souvent dans la gestion des flux migratoires.

Pour Jean Oury

L’accueil nous donne une chance : « La gravité d’une chance légère et imperceptible qui n’est autre que l’expérience même de l’autre1  ». Pouvons-nous penser et pratiquer l’accueil à partir de là ?

La singularité de chacun

L’autre arrive et il témoigne de sa singularité inconditionnelle, non au sens où il la déclare, mais au sens où il en porte la marque, serait-ce à son corps défendant. À partir de là, l’accueil se structure comme responsabilité de percevoir la singularité de chacun2. Accueillir, c’est d’abord discerner : ne pas fondre l’autre dans la masse anonyme des « semblables », ne pas l’étiqueter d’un terme qui le rendrait reconnaissable avant même qu’il n’arrive : les migrants, les femmes, les alcooliques, les schizophrènes, les handicapés… Accueillir l’autre, c’est d’abord le considérer singulièrement et donc considérer le monde qu’il singularise et où il se singularise.

L’accueil se structure comme responsabilité de percevoir la singularité de chacun.

Partout dans le monde, l’autre arrive et son accueil est structuré par le désir de le voir arriver au singulier. Mais partout dans le monde se manifeste une « politique de la peur » qui permet de « faire disparaître légalement des vies sans les tuer, en les rendant in

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Dorothée Legrand

Psychologue et psychanalyste, Dorothée Legrand poursuit, en parallèle de son activité clinique, un travail de recherche en philosophie (CNRS, École normale supérieure). Elle anime un séminaire consacré aux « Articulations Philosophiques et Psychanalytiques » à l'École normale supérieure.

Manon Piette

Manon Piette est doctorante en philosophie à l'université de Bordeaux, et diplômée de psychologie clinique par l’Université Paris VII.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.