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Les faits divers de l'amour maternel

À propos d’Une histoire de clés***

Nathalie Akoun, dramaturge et comédienne, porte seule sur la scène du Ciné-théâtre 13 l’histoire d’une mère en train de basculer. Condamnée pour « carence éducative », la jolie blonde à couette livre ses pensées les plus intimes, dans un monologue à la fois drôle et glaçant : ses enfants qu’elle aime trop, le père qui les a abandonnés, l’aîné dans « une grande souffrance psychique », répète-t-elle doctement. Surtout, elle raconte avec toute la candeur du monde, et des mots simples, comment « une vie de famille normale, normale, tout à fait normale » a dérapé. Il y a quelque chose des mères écrasées de Mike Leigh chez cette blonde-là (l’héroïne de Vera Drake, ou encore la mère de Secrets et mensonges) : la même obstination à aimer (même mal), la même bonté désarmante et la même peur du jugement des autres. Leur naïveté qui confine à la bêtise agace autant qu’elle attendrit. Mais la comparaison s’arrête là, car Nathalie Akoun prend une voie opposée au réalisme social anglais. On ignore tout du contexte de la confession à laquelle se livre son personnage. Sanglée dans son imperméable, on la croirait à peine sor

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Élise Domenach

Maître de conférence en études cinématographiques à l’Ecole normale supérieure de Lyon, elle est notamment l’auteure de Stanley Cavell, le cinéma et le scepticisme (PUF, 2011).

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