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Les réserves de sens du président. Nation, religion, civilisation

par

Esprit

Dans des temps immémoriaux, quand la gauche aimait encore penser un peu, quand les noms d’Alain Badiou et de Toni Negri ne résumaient pas la pensée progressiste, les œuvres de Paul Ricœur, Jürgen Habermas et Edgar Morin avaient été valorisées, le temps d’un colloque, par la gauche socialiste. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, bien conseillé, se réfère à la politique de civilisation chère à Edgar Morin, l’ancien animateur de la revue Arguments qui a contribué à acclimater en France les thèses écologiques et à dynamiser la réflexion sur le devenir des sciences. Edgar Morin n’appartient qu’à lui-même, il l’a dit haut et fort dans son Autocritique. Il fut l’un des esprits les plus lucides durant la révolution des œillets au Portugal mais plus largement durant toute la période où la critique des totalitarismes n’était pas bien vue à gauche. Mais sa « politique de civilisation » appartient à tout le monde comme la pensée de Descartes ou de Max Weber.

Nous ne résoudrons rien, affirme le président, si nous ne bâtissons pas l’école et la ville du xxie siècle, si nous ne mettons pas au cœur de la politique le souci de l’intégration, de la diversité de la justice, des

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