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Hommage – Pierre Pachet. Lumière, fragilité, générations

octobre 2016

#Divers

Hommage, Pierre Pachet, Lumière, fragilité, générations

Pierre Pachet, essayiste et écrivain, est mort à l’âge de 79 ans, le 21 juin dernier. Mourir le jour du solstice d’été, dans son cas, n’est pas anodin : cet homme aimait la lumière, il en avait besoin. Il me l’avait dit à peu près six mois avant, autour d’un café pris au Rostand, le 14 décembre 2015, dans l’après-midi. Filtrée par les arbres dénudés du jardin du Luxembourg, la lumière était belle mais oblique, déclinante ; à 16 heures, on sentait déjà l’arrivée prochaine de l’obscurité. Pierre, que j’avais rencontré deux ans auparavant à la Quinzaine littéraire et qui était devenu, je crois, un ami, m’avait dit qu’il se sentait faible et incertain, mais qu’il attendait avec espoir le solstice d’hiver – ce moment renversant à partir duquel imperceptiblement les jours commencent à s’allonger. Restait une semaine à tenir, puis ces quelques minutes de soleil en plus chaque jour allaient ouvrir de nouvelles perspectives, la vie reviendrait, plus forte, bientôt ce serait le printemps et tout redeviendrait possible, écrire un livre, danser, tomber amoureux. Pierre Pachet, c’est certain, aimait énormément la vie. Il était attentif à ses nuances, sensible à son éclat. Il a donc tenu jusqu’au solstice d’hiver et vécu ensuite l’allongement des jours jusqu’à son extrême limite

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Ève Charrin

Journaliste pour la presse économique, elle a vécu en Inde et en Belgique. Elle s'intéresse à l’expérience contemporaine de la globalisation, notamment à ses expressions littéraires, et au contraste des imaginaires qui s’y échangent.   Elle a publié L’Inde à l’assaut du monde, Paris, Grasset, 2007 et La Voiture du peuple et le sac Vuitton. L’imaginaire des objets, Paris, Fayard, 2013.…

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