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L'imaginaire du masque

novembre 2013

#Divers

Il suffit de peu de temps parfois pour que les signes s’inversent – ce qui terrifiait hier peut soudain redevenir désirable. La littérature saisit ces revirements discrets, elle s’en fait l’écho1. En témoignent deux fictions récentes, l’une indienne, l’autre française : d’abord la Vallée des masques2, de Tarun Tejpal, publié en Inde en 2011, traduit en français un an plus tard, puis les Renards pâles3 de Yannick Haenel, publié en 2013. Ces deux récits procèdent de la politique-fiction, ils racontent les vertiges de l’égalité et la force du collectif qui, chez Tejpal comme chez Haenel, s’incarnent en un objet hautement symbolique : le masque, omniprésent, qui d’un roman à l’autre change complètement de sens.

Le cauchemar de l’égalité

La Vallée des masques, d’abord, se présente comme une dystopie terrifiante. Dans un recoin ignoré de l’Himalaya, au nord de l’Inde, s’est établie depuis plusieurs décennies ou peut-être plus d’un siècle une communauté fermée, celle des Purs, qui professent et pratiquent avec rigueur une égalité de cauchemar. Confiés dès leur plus jeune âge à une « Maternité

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