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La « voiture du peuple » et le sac à main. Petit tableau de la mondialisation en deux objets

août/sept. 2011

#Divers

L’accès à la consommation de masse, qui se développe dans les pays émergents, illustre la transformation de l’économie mondiale. Alors qu’en Europe, on cherche à sauver les apparences d’une relative prospérité, la consommation de la classe moyenne indienne exprime le rêve de la réussite personnelle plus que l’identification à un progrès collectif.

George Steiner disait qu’il n’y a pas «d’idée», aussi abstraite soit-elle, qui ne s’incarne en un lieu ou objet concret. (Il parlait de l’idée européenne, rendue tangible selon lui par les cafés, irremplaçables espaces de débats, espaces communs, ouverts, accueillants.) Il avait raison : gageons qu’aujourd’hui, le monde peut se dire, pas en deux mots, non, mais peut-être en deux objets.

C’est bien commode. Éminemment réels, les objets n’ont pas à être réalistes : ils ont partie liée avec nos désirs, nos fantasmes, qui façonnent le monde aussi sûrement que les rapports de force politiques, sociaux, économiques. À moins que nos rêves et nos désirs ne soient nés de ces rapports de force ? C’est en tous cas ce que suggèrent les deux objets que voici : la Tata Nano et le sac

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Ève Charrin

Journaliste pour la presse économique, elle a vécu en Inde et en Belgique. Elle s'intéresse à l’expérience contemporaine de la globalisation, notamment à ses expressions littéraires, et au contraste des imaginaires qui s’y échangent.   Elle a publié L’Inde à l’assaut du monde, Paris, Grasset, 2007 et La Voiture du peuple et le sac Vuitton. L’imaginaire des objets, Paris, Fayard, 2013.…

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