Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

DR
DR
Dans le même numéro

La propagande russe des Serbes

Le gouvernement serbe d’Alexandre Vučić cultive une position ambigüe vis-à-vis de la guerre en Ukraine. Cherchant à conserver à la fois le soutien financier de l’Union européenne et la protection de la Russie, il encourage la propagande pro-russe sur fond d’un anti-occidentalisme croissant dans le pays.

Exfiltrée en Serbie après la fermeture du bureau de la BBC à Moscou, la petite équipe de journalistes russes de sortie fin mars dans le centre de Belgrade ne s’attendait pas à un tel accueil. Entendant parler russe, les clients du bar levèrent leur verre et les acclamèrent avec des « vive la Russie », « vive Poutine », « gloire à nos frères ». Dans ce pays des Balkans qui se démarque du reste du vieux continent, il ne fait pas bon de dénoncer la guerre de Poutine contre l’Ukraine.

La Serbie vient de réélire pour la deuxième fois dès le premier tour Aleksandar Vučić. L’illibéral président serbe a, à l’image de son homologue hongrois, fait campagne sur le thème de « la paix et la stabilité », ainsi que du gaz bon marché, en défendant l’impératif de « neutralité » de la Serbie. L’admirateur de Poutine veut le beurre et l’argent du beurre : les fonds de l’Union européenne, les investissements des pays membres à qui il assure que « la Serbie poursuit sa voie européenne », et la protection tant d’une Russie dont l’influence est omniprésente dans le pays que d’une Chine soucieuse d’amener ses nouvelles routes de la soie jusqu’aux portes de l’Union européenne. Ce « contorsionnisme » stratégique est d’autant plus payant électoralement que la majorité de l’opinion publique serbe est très favorable à la Russie de Poutine et entretient une animosité grandissante envers l’Otan, teintée de sentiments de plus en plus anti-occidentaux. Pour une grande partie de la

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Florence Hartmann

Spécialiste des Balkans, ancienne journaliste au Monde et ancienne porte-parole de la Procureure des Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda.

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.