Géopolitique de la Russie. 40 fiches illustrées pour comprendre le monde de Jean de Gliniasty
Selon l’ancien ambassadeur de France à Moscou, Poutine règne en maître absolu sur un régime de plus en plus autoritaire et répressif. La Russie a instauré une économie de guerre, ce qui explique la résilience de ses finances en dépit des sanctions.
Depuis 2018, date de la précédente édition de cet ouvrage, bien des choses ont changé en Russie comme dans le monde. Si Poutine a été réélu avec 87 % des voix en 2024, il a gagné vingt points du fait de la large mobilisation patriotique autour du « leader national » soutenu par le patriarche Kirill. Selon l’ancien ambassadeur de France à Moscou, Poutine règne en maître absolu sur un régime de plus en plus autoritaire et répressif. La Russie a instauré une économie de guerre, ce qui explique la résilience de ses finances en dépit des sanctions. Mais, outre l’inflation (9 %) et des coûts croissants, cette économie de guerre hypothèque l’avenir et freine les efforts de mobilisation. Certes, le plus grand pays du monde possède de sérieux atouts, étant toujours le deuxième exportateur d’hydrocarbures au monde et le premier pour les céréales. Mais il a rétrogradé en matière d’exportations d’armes et l’effort de recherche et développement reste bien inférieur à ceux des États-Unis ou de l’Allemagne. Le pays reste profondément inégalitaire : 1 % de la population possède 60 % de la richesse du pays (contre 30 à 40 % en Allemagne, en France ou au Japon). Jadis deuxième pays d’accueil au monde des migrants, la Russie s’est mise à les expulser après l’attentat du Crocus Hall, le 22 mars 2024. La corruption reste forte. En plus du revers subi en Syrie, l’influence russe a du mal à s’affirmer en Afrique, où le volume des échanges bilatéraux reste modeste (vingt milliards de dollars).