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Les impasses de la loi sur l’aide au développement

La Loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales se résume à une série de bonnes intentions sans remédier aux difficultés structurelles des politiques de développement, comme le manque d’efficacité, l’asymétrie des relations, ou la lourdeur des procédures.

Alors que la politique française ressemble de plus en plus à une guerre de tranchée, le projet de « Loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales » a fait l’objet d’un rare consensus : il a été adopté le 2 mars 2021 à l’Assemblée nationale par 502 voix pour, sans aucune voix contre. Il sera débattu courant mai au Sénat. Dans le climat politique actuel, cette unanimité est trop exceptionnelle pour ne pas éveiller la curiosité. L’examen de cette loi de programmation révèle qu’elle est une excellente synthèse de tous les lieux communs et bonnes intentions de la politique d’aide mais qu’elle laisse de côté les problèmes et contradictions mis en lumière depuis au moins vingt ans1.

Un affichage de bonnes intentions

La loi affirme d’abord que la finalité ultime de l’aide est de concourir aux Objectifs de développement durable adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies en 2015, et à l’accord de Paris sur le climat, auxquels les autorités françaises entendent consacrer plus de moyens. Le texte présente la prog

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François Giovalucchi

Conseiller économique et enseignant associé à l'université catholique de Madagascar.

Thierry Vircoulon

Chercheur associé, Centre Afrique Subsaharienne de l'Ifri. Ancien élève de l'ENA et titulaire d'un DEA de science politique à la Sorbonne, il a travaillé pour le Quai d'Orsay et la Commission européenne sur le continent africain, notamment en Afrique du Sud, au Kenya et en République Démocratique du Congo.

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.