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Patria

mai 2017

#Divers

De l’autre côté des Pyrénées aussi, l’idée de patrie est au centre des débats politiques. Pourtant, le souvenir de la dictature franquiste semblait avoir oblitéré son usage et, hormis la monarchie et des membres du Parti populaire, personne n’aurait osé revendiquer, comme le firent les dirigeants de Podemos lors des récentes compétitions électorales, « la grandeur de l’Espagne ».

Cette posture patriotique de Podemos participe en effet de la stratégie populiste du parti, comprise à la manière d’Ernesto Laclau comme la construction d’une plebs en unique populus légitime1. Il s’agit pour la plèbe, en l’occurrence les « gens ordinaires » par opposition à « la caste », de convertir leur projet particulier en intérêt général. Mais cette opération, qui définit l’hégémonie, n’est pas seulement discursive ou symbolique ; elle vise à produire un nouvel ordre moral et culturel, un nouveau « projet de pays » en ce sens. Il faut voir cependant dans ce dernier moins une fin qu’un moyen au service de la réalisation du projet républicain, entendu comme l’ordre politique de la dignité à laquelle aspire le sens commun

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