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Bioéthique et anonymat des dons : le projet Bachelot esquive l'essentiel (entretien)

novembre 2010

#Divers

Esprit – Pourquoi la question de l’anonymat des dons est-elle à ce point centrale dans les débats actuels sur la bioéthique ?

Irène Théry – L’anonymat n’est pas une question comme les autres parce qu’elle joint deux questions cruciales pour tout débat sur la bioéthique, celle des droits fondamentaux de la personne et celle du sens et de la valeur que nous donnons aujourd’hui à l’assistance médicale à la procréation (Amp) avec tiers donneur.

Commençons par les droits de la personne, en l’occurrence des droits des enfants nés grâce à un don. Ils ont été les grands oubliés de toute la problématique médicale qui a pensé les dons de gamètes par analogie avec les dons du sang, alors qu’ici le don est fait pour aboutir à une naissance, ce qui n’est pas rien ! Juridiquement, cela implique de penser avant toute chose au sort et aux droits des enfants. Il y a quarante ans, on ne pensait pas que l’intérêt de l’enfant puisse être différent de l’intérêt des parents tel qu’on le définissait alors : pouvoir garder secret le recours au don et permettre au mari stérile de devenir un « vrai père » en passant po

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Irène Théry

Sociologue et directrice d'études à l'EHESS, Irène Théry est spécialiste de la vie privée et de la famille. En 1998, elle a rédigé à la demande de Martine Aubry et Elisabeth Guigou, ministres du gouvernement Jospin, le rapport « Couple, filiation et parenté aujourd’hui » préconisant de nombreuses réformes du droit de la famille. Elle y présente une analyse des changements rompant avec les thèses…

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