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Russie : le retour de la politique postimpériale

mai 2014

#Divers

En un mois, entre la chute du régime Ianoukovitch et l’annexion de la Crimée à la Russie, Vladimir Poutine a réussi à transformer ce qui était au départ le choix entre deux ensembles commerciaux en un choix géopolitique et « civilisationnel ». C’est en ces termes que le président russe lui-même formule les enjeux et, en bafouant l’intégrité territoriale de l’Ukraine, affirme la puissance d’une Russie qui se pose en s’opposant à l’Europe.

À la fin des années 1980, Mikhaïl Gorbatchev avait formulé le projet d’une « Maison commune européenne » où la Russie aurait sa place. Considérant que ce projet a mené « à la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier » – la fin de l’Urss –, Poutine revient en force à une idée ancienne où se mêlent la logique impériale et le discours sur la citadelle assiégée. Adam Michnik, l’ancien dissident de Varsovie, en conclut que c’est « la fin du quart de siècle le plus faste de l’histoire polonaise depuis quatre siècles1 ». La plus faste de l’histoire centre-européenne depuis 1914, sans aucun doute.

La fin d’une époque

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