Film "Hors Normes" : Photo Bryan Mialoundama, Reda Kateb
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Que font les services sociaux  ?

janv./févr. 2020

En 2015 déjà, Éric Toledano et Olivier Nakache annonçaient leur envie de parler des travailleurs sociaux, ce qu'ils ont remarquablement fait récemment dans le film Hors normes. L'occasion de s'interroger sur les réalités complexes de ce milieu où se posent des questions de moyens et d'éthique.

Au-delà de ses indéniables qualités cinématographiques, Hors normes, le film d’Olivier Nakache et d’Éric Toledano, a le mérite de mettre en valeur le métier de travailleur social. Au sein de deux associations qui s’occupent, pour l’une, d’enfants et d’adolescents autistes, tandis que l’autre forme des jeunes des quartiers à encadrer ces derniers, les deux personnages principaux, Bruno et Malik, nous font pénétrer au sein de professions dont on ne parle jamais : éducateurs, formateurs, assistants sociaux et tant d’autres, ignorés de la population sauf quand il est nécessaire de faire appel à leurs services. Ou pire, lorsque se produit un drame dans une famille, invitant alors la question récurrente : « Mais que font les services sociaux ? », qualifiés systématiquement de défaillants.

Il est vrai que la notion de travail social est pour le moins hybride. Entre la conception de Hannah Arendt, qui pointe à son endroit une conceptualisation de l’ordre du domestique et de l’économique se substituant à celui de l’espace public et du politique, et celle de Robert Castel, qui considère que le social constitue l’ensemble des institutions collectives contribuant à consolider la vie des travailleurs salariés, l

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Jacques-Yves Bellay

Essayiste et romancier, il a récemment publié La Dame de Galway et Le Dictionnaire impertinent de Saint-Malo (Yellow Concept, 2019).

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.