Une Chine moderne pour des jeux Olympiques exemplaires ? L’effondrement d’un rêve


L’effondrement d’un rêve

Pour le Parti communiste, les jeux Olympiques sont l’occasion de mobiliser la fibre patriotique et d’affirmer la réussite internationale de la Chine. En passe de réussir son pari, le pouvoir chinois trahit néanmoins face aux critiques sa conception de l’ordre par le contrôle de la liberté d’expression, au risque de contredire l’image d’une nation prospère et responsable.

« Le rêve centenaire de la nation chinoise s’est réalisé ! » Depuis que Pékin a obtenu le droit d’organiser les jeux Olympiques lors de la réunion du Cio qui s’est tenue à Moscou le 14 juillet 2001, les dirigeants du Parti communiste chinois ne cessent d’affirmer qu’il s’agit d’un événement d’une portée historique car il marque la fin d’un siècle d’humiliation. Et d’insister sur le fait que ce n’est que la troisième fois qu’une telle cérémonie est organisée en Asie et la première qu’elle se tient dans un pays du tiers-monde.

Le fait que l’organisation des jeux Olympiques provoque la fierté du pays qui l’a obtenue n’est ni nouveau ni spécifique à la Chine. Ainsi, en 1964, les jeux de Tokyo avaient marqué la fin des séquelles de la Deuxième Guerre mondiale et la « normalisation » du Japon. De même, en 1988, la Corée du Sud avait vécu l’attribution par le Cio de l’organisation de cet événement comme une reconnaissance de sa légitimité. Accueillir des athlètes venus du monde entier est un grand honneur pour n’importe quel pays ; il suffit de voir les réactions qui ont suivi l’échec de la candidature de Paris l’an dernier pour comprendre que cette fierté n’est pas réservée aux pays du tiers-monde.

Mais la Chine est allée plus loin que ses prédécesseurs. Ainsi, lors de son arrivée à l’aéroport de Pékin à son retour de Moscou, Li Lanqing, membre du bureau politique du Parti, déclarait :

Avec le soutien du peuple de tout le pays, grâce aux efforts communs de l’ensemble des camarades membres de la délégation de candidature de Pékin, nous avons enfin obtenu le droit d’organiser les JO de 2008, réalisant ainsi la mission héroïque que nous ont confié le Comité central du Parti, le Conseil des affaires de l’État et le peuple de tout le pays ; nous avons réalisé les attentes communes de tout le peuple chinois, y compris des compatriotes de Hong Kong et Macao, de Taïwan, et des Chinois d’outre-mer1.

La presse officielle parle alors de la « grandiose renaissance du peuple chinois » qui s’est produite malgré les « sabotages des forces antichinoises d’Occident », faisant ainsi de cette décision un test politique de première importance2.

Rêve centenaire de la nation chinoise ? Il y a cent ans, en 1908, l’impératrice douairière Cixi mourait, et l’Empire chinois approchait de sa fin. La Chine était la proie des appétits des puissances occidentales. Treize ans plus tôt, elle avait subi une défaite humiliante contre le Japon qui avait détruit sa flotte et avait conquis Taïwan. L’empire du Milieu, qui s’était longtemps considéré comme la seule civilisation sous le ciel, était devenu « l’homme malade de l’Asie ». Depuis qu’en 1842, les canonnières britanniques avaient forcé l’ouverture du vieil empire mandchou au commerce international, tous les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays ont promis d’en faire un État puissant et prospère (fuguo qiangbing).

Ce rêve nationaliste a été porté d’abord par Sun Yat-sen et le Guomindang, puis par son successeur Tchiang Kai shek, mais les communistes n’ont pas été en reste. C’est grâce à leur capacité de s’affirmer comme la seule force capable de bouter les « impérialistes » hors du territoire national et de réunifier le pays qu’ils ont réussi à chasser le Guomindang en 1949. Même si, une fois arrivé au pouvoir, Mao Zedong a cherché avant tout à transformer la société chinoise, il n’a jamais perdu de vue la composante nationaliste de sa légitimité. Après sa mort, les excès provoqués par sa volonté de mettre l’utopie en œuvre ont été dénoncés par ses successeurs.

Du reste, dès 1977, Deng Xiaoping renoue avec le programme de fuguo qiangbing (à l’époque codé sous l’objectif des « Quatre modernisations3 »), en faisant l’un des piliers de la légitimation du Parti. L’autre pilier, qui lui est étroitement lié, consiste à élever le niveau de vie de la population. L’affirmation nationaliste devient dominante après la répression du mouvement pour la démocratie de 1989, qui sonne le glas de l’adhésion du peuple aux objectifs socialistes encore affichés par le pouvoir. Le recours à la force brute pour rétablir l’ordre a fait tomber les masques. Le régime demeurera autoritaire. C’est ce qui lui permettra de rassembler la population derrière lui afin de rendre à la Chine sa place sur la scène internationale.

Revenir au centre de la scène internationale

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la candidature de Pékin aux jeux Olympiques. Cette idée a été introduite par Deng Xiaoping en juillet 1990 lors d’une visite des chantiers où devaient se dérouler les jeux asiatiques : « La Chine doit organiser les jeux Olympiques4 » déclare alors le vieux leader. La scène se situe un an après le massacre de Tiananmen. À l’époque, les Pékinois, qui ne le pardonnent pas à leurs dirigeants, ne cessent de se plaindre que l’organisation de ces jeux a coûté des sommes folles. La popularité du Parti est alors au plus bas, et Deng estime que l’organisation d’un événement comme les JO permettrait de faire appel à la fierté nationale du peuple de la capitale, tout en brisant l’isolement dans lequel les sanctions des pays occidentaux ont confiné la République populaire. C’est donc en 1993 que la ville de Pékin, dont le maire Chen Xitong va bientôt (en 1995) être condamné à 16 ans de prison pour corruption, présente sa candidature pour l’organisation des JO de 2000, date symbolique s’il en fût. Deng Xiaoping a même accepté de libérer Wei Jingsheng, le dissident qu’il avait fait emprisonner en mars 1979 parce qu’il avait osé le critiquer5.

Il escompte que le succès de la candidature de Pékin lui permettra de reconquérir le soutien de la population. Et de fait, le 24 septembre 1993, la grande majorité des Pékinois sont devant leur poste de télévision (ou à l’écoute de leur poste de radio) à 2 h 24 du matin, lorsque Juan Antonio Samaranch annonce à Monaco que c’est la candidature de Sydney qui a été retenue6. Le lendemain, la tristesse règne dans la capitale. Deng Xiaoping a gagné son pari. C’est sans aucun doute la première fois depuis 1989 que le petit peuple et le Parti partagent les mêmes sentiments. Même Wei Jingsheng, le dissident libéré pour l’occasion, nous affirmait à l’époque que l’organisation des JO aurait été un phénomène positif pour la Chine7 car l’afflux d’étrangers aurait permis de renforcer l’ouverture.

La déception est d’autant plus forte que Pékin n’a été battu que de deux voix par Sydney (45 voix contre 43). Le massacre de Tiananmen a beaucoup pesé dans cette décision. Les dirigeants accusent alors les Américains d’avoir tout fait pour empêcher Pékin de l’emporter, poursuivant ainsi la politique séculaire des pays occidentaux qui s’opposent par tous les moyens à l’émergence de la Chine. Nombreux sont les Chinois qui ont du mal à accepter cette décision. Le nationalisme l’emporte alors sur les aspirations à la démocratie. Les dirigeants du PC ne l’oublieront pas et comprendront à cette occasion tout le bénéfice qu’ils peuvent tirer d’une candidature à l’organisation des JO. D’autant que depuis le retour au pouvoir de Deng Xiaoping les citoyens chinois ont manifesté à plusieurs reprises leur nationalisme lors d’événements sportifs. Le slogan en vogue dans les dernières années du règne de Mao, « l’amitié d’abord, la compétition ensuite » est bien oublié8.

Dans l’esprit des dirigeants, l’organisation des JO avait un double avantage, et un double objectif : d’une part, elle permettait de mobiliser la conscience nationale de la population et, d’autre part, elle permettrait de montrer au monde que la Chine est capable d’organiser un événement de grande ampleur. L’échec est mal ressenti, et le pouvoir revient sur les concessions qu’il avait faites pour amadouer les Occidentaux. En 1994, Wei Jingsheng est à nouveau arrêté ; le contrôle sur les dissidents se renforce. Pourtant, les successeurs de Deng n’ont pas enterré l’espoir d’organiser les jeux.

Comme le dit le Quotidien du peuple en 2001,

« la candidature olympique » n’a cessé de se trouver au centre des sujets de conversation du haut en bas du pays ; donner ses forces pour la « candidature olympique » est au centre de l’action du peuple de tout le pays9.

Et de fait, les conversations avec les Pékinois ordinaires montrent que, dans l’ensemble, ils soutenaient cette candidature. La plupart étaient d’accord avec l’objectif de leurs dirigeants, à savoir de montrer au monde que la République populaire était devenue un pays moderne, puissant, un membre important de la communauté internationale, faisant ainsi oublier « l’homme malade de l’Asie ». Aussi, lorsqu’ils ont refait leur demande, ont-ils fait valoir les taux de croissance impressionnants de l’économie chinoise, l’importance sans cesse plus grande de cette économie dans l’économie mondiale et les transformations impressionnantes qui s’étaient produites depuis 1993. Réagissant aux articles de la presse étrangère qui affirmaient que la pollution empêcherait les athlètes de courir, ils n’ont pas hésité à faire fermer les usines (notamment l’aciérie Shougang) avant les visites du Comité international olympique. Les membres de cette organisation se sont satisfaits de cette supercherie.

Mais cette fois-ci, pas question de libérer des dissidents pour amadouer l’opinion publique internationale. En 2001, les pays occidentaux, de plus en plus désireux de profiter du développement de la Chine, sont prêts à oublier le massacre de Tiananmen et à reconnaître que la « Chine a changé », qu’elle est devenue un pays moderne. Ils ne s’opposent donc plus à sa candidature. Sans compter que les compagnies multinationales, notamment celles qui produisent les articles de sport et sponsorisent les jeux Olympiques, ne veulent pas manquer cette occasion de conquérir le « premier marché de la planète ». Les hommes politiques occidentaux sont alors d’autant plus enclins à appuyer la candidature de Pékin que Zhu Rongji, alors Premier ministre de la République populaire, a multiplié les concessions pour entrer à l’Omc10.

Pour calmer les organisations de défense des droits de l’homme, nos gouvernants déclarent à cette occasion que, confrontés à la nécessité de promouvoir l’idéal olympique, les dirigeants du Parti devront assouplir leur domination et améliorer la situation des droits de l’homme dans leur pays. Ceux-ci ont encouragé cette idée : « Cela aidera à promouvoir tous les projets économiques et sociaux et profitera aussi au développement de la cause des droits de l’homme » déclare Liu Qi, le maire de Pékin, au Comité international olympique en 200111. À l’exception de quelques dissidents dont, cette fois-ci, Wei Jingsheng, tout le monde se félicite alors de la victoire de Pékin.

Une capitale « résolument moderne »

Depuis, les dirigeants ont tout fait pour présenter de leur pays ce qu’ils pensent être une image favorable. Cours d’anglais pour les chauffeurs de taxi, remplacement des vieilles toilettes de Pékin par des toilettes modernes, cours de bonne éducation (on a notamment enseigné aux Pékinois à faire la queue poliment et à ne pas cracher12) ; les services de propagande de la municipalité n’ont pas lésiné sur les moyens. Mais surtout, les autorités pékinoises ont accéléré la destruction des vieux quartiers qui avait commencé dès la fin des années 1980. Pas question en effet dans leur esprit de conserver les petites ruelles (hutong) bordés de maisons de plain-pied (siheyuan) qui rappellent le sous-développement. Ces dernières ont été remplacées par des gratte-ciel conçus par les plus grands architectes de la planète tandis que les larges avenues et les boulevards périphériques (maintenant au nombre de six) envahissaient l’espace13. On n’a pas lésiné sur les moyens : on dit que les autorités ont dépensé 40 milliards de dollars, soit deux fois plus qu’Athènes, pour construire les lieux qui abriteront les jeux. En Chine, il n’y aura pas de retard dans l’achèvement des travaux. La capitale de la République populaire doit montrer qu’elle est « résolument moderne » pour accueillir cet événement planétaire. Et cela s’est naturellement traduit par l’expulsion des habitants du centre-ville vers des banlieues qui ne disposent souvent d’aucun commerce et sont mal reliées au centre. En juin 2007, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères affirmait que 6 000 familles avaient été déplacées pour faire place aux chantiers liés à la modernisation de la ville en vue des JO14. Ce chiffre est sans aucun doute inférieur à la réalité et, selon certaines sources, 1, 25 million de personnes auraient été chassées de leur domicile, souvent avec des compensations inadéquates. Naturellement, ce processus avait commencé dès le début des années 1990 mais il a été accéléré sous ce prétexte15. La spéculation immobilière rendue possible par la collusion entre les services de la municipalité et les promoteurs, souvent d’anciens cadres, a été favorisée par les JO.

Toujours dans le but de présenter une image « moderne » de la capitale, les autorités ont interdit aux vendeurs ambulants, qui font le charme de la vie de la capitale du Nord et notamment de sa gastronomie, de faire leur cuisine dans la rue. Ils doivent soit se cacher derrière les grilles des vieux blocs d’appartements, soit se regrouper dans des sortes de restaurants où les patentes sont trop chères pour la plupart d’entre eux. Les chiffonniers, souvent originaires de la province pauvre du Henan, qui trient les ordures ont été repoussés au-delà du cinquième périphérique et doivent se cacher pour échapper aux policiers.

Même des magasins qui venaient d’être ouverts doivent faire place à de nouvelles avenues nécessaires à l’« embellissement » de la ville16. Naturellement, les ouvriers qui ont construit les sites olympiques – et notamment le fameux « nid d’oiseau » – ne participeront pas à la fête. La municipalité de Pékin a en effet décidé que tous les travailleurs migrants devront à nouveau s’enregistrer avant le mois d’août pour obtenir le droit de résider en ville à cette époque bénie17. Souvent mal habillés, le teint hâlé, ils ne donnent pas une bonne image des habitants de la Chine moderne. En somme, les dirigeants du comité municipal du Parti, épaulés par les responsables du Beijing Organizing Committee for the Games (Bocog) et soutenus par le pouvoir central, font tout pour cacher les pauvres, et pour donner l’image d’une population de « haute qualité » (suzhi gao), montrant ainsi que le Parti, à l’image des dirigeants singapouriens, a une certaine tentation pour l’eugénisme.

Mais la modernité, c’est évidemment aussi l’ordre. Il serait dramatique que la fête soit troublée par des manifestations de mécontentement des nombreux citoyens victimes d’abus des cadres. Les dirigeants ont donc appliqué aux jeux Olympiques la recette qu’ils utilisent lors des manifestations importantes qui se déroulent dans la capitale. À la veille du 1er octobre (Fête nationale) ou du 1er mai, lors de la visite d’un président américain, les dissidents sont soit « emmenés en vacances » par la sécurité, soit placés en résidence surveillée chez eux, des équipes de policiers en civil se relayant devant leur domicile 24 heures sur 24. La présence policière est également renforcée dans les endroits sensibles comme la place Tiananmen, pour empêcher les pétitionnaires de venir se plaindre des injustices dont ils sont victimes.

Pour les JO, le travail a été également effectué en amont. Ainsi, les dissidents et les « pétitionnaires professionnels » de Shanghai ont été prévenus que s’ils se rendaient à Pékin pendant la période sensible, ils devraient en subir les conséquences18. 30 000 journalistes étrangers étant attendus dans la capitale, il n’est pas question de prendre des risques. Pour les cas les plus graves, les autorités n’ont pas hésité à sévir. Ainsi, dès mars 2008, l’activiste défenseur des droits des paysans Yang Chunlin, auteur d’une pétition intitulée « Nous voulons les droits de l’homme, pas les jeux Olympiques » signée par 10 000 personnes, a été condamné à cinq ans de prison par un tribunal de Jiamusi au Heilongjiang19. Le 3 avril, c’était au tour de Hu Jia, un activiste de la lutte contre le sida bien connu des étrangers de Pékin, d’être condamné à trois ans et demi de prison après avoir été enfermé chez lui pendant six mois puis arrêté formellement en décembre 200720. Le Parti communiste a ainsi montré qu’il était prêt à braver les protestations du Parlement européen et de la secrétaire d’État américaine (qui, il faut le reconnaître, ne sont que de pures formalités) pour être sûr que les jeux Olympiques se dérouleront dans l’ordre.

Tout cela montre la manière dont les dirigeants chinois conçoivent une Chine moderne : non pas comme un pays à la société civile active où les citoyens pourraient affirmer leurs droits, mais bien comme une nation caractérisée par une population « propre », une « société harmonieuse » composée de « gagnants » qui se consacrent à la construction d’une économie efficace sous la direction d’un Parti communiste qui représente les intérêts de tous.

Toutefois, soucieux de réussir leur grand retour dans le monde, ils ont également fait un certain nombre de concessions à « l’opinion internationale », concessions d’autant moins coûteuses qu’elles se font dans des domaines qui ne concernent pas les intérêts fondamentaux du pouvoir. Ainsi, lorsque des Ong et des personnalités de Hollywood ont menacé d’appeler au boycott des JO en raison du soutien de la Chine au gouvernement soudanais, Hu Jintao a dépêché un diplomate à Khartoum pour convaincre le président Omar Al Bashir d’accepter la présence d’une force des Nations unies au Darfour. Et la Chine a décidé d’y participer, ce qui est très rare21. Cela n’a du reste pas empêché Steven Spielberg de renoncer à son poste de conseiller pour la cérémonie d’ouverture des JO en février 2008.

Autre concession, les dirigeants chinois ont annoncé qu’à partir du 1er janvier 2007 et jusqu’en octobre 200822, les journalistes étrangers n’auraient plus besoin d’autorisation pour interviewer des citoyens chinois et pour couvrir les différents événements. Le fait que leurs confrères chinois ne soient pas concernés montre bien qu’il s’agit d’une mesure destinée à apaiser la communauté internationale. De même, dans certains endroits de Pékin réservés aux étrangers, il semble que les accès à l’internet ne seront pas limités. Autre concession : en janvier, le journaliste hongkongais Ching Cheong, condamné à cinq ans de prison en 2005 pour espionnage en faveur de Taïwan, a été libéré23 avant terme.

Afin de ne rien laisser au hasard, les dirigeants du Parti ont même embauché des compagnies spécialisées dans les relations publiques pour les aider à mieux « vendre » la République populaire aux opinions occidentales24. Toutes ces mesures destinées à améliorer l’image de la Chine montrent l’importance que les dirigeants du pays accordent à la réussite des JO. La cérémonie d’ouverture doit elle-même constituer une sorte d’apothéose puisque Pékin a invité les chefs d’État et de gouvernement des pays les plus importants à venir assister à la cérémonie d’ouverture. Dès la fin de 2007, George W. Bush et Nicolas Sarkozy avaient annoncé qu’ils viendraient avec plaisir.

Un rêve transformé en cauchemar ?

C’est cette image d’une puissance moderne, bien installée sur la scène internationale, que la torche olympique, qui pour la première fois de son histoire allait visiter les quatre continents, devait porter au monde.

En mettant leurs pas dans ceux des marchands et aventuriers du passé, les participants du Relais olympique entendent non seulement renforcer les liens d’amitié séculaires qui se sont tissés entre les peuples vivant le long de la route de la Soie et faire revivre l’esprit de cette grande épopée, mais aussi souligner la volonté du peuple chinois d’aujourd’hui de construire un monde harmonieux dont les civilisations se respectent et s’écoutent25.

Toutefois, dès le début de l’année 2008, les événements sont venus contrarier ce beau rêve. Fin janvier, des tempêtes de neige frappent le sud du pays – phénomène extrêmement rare même en cette saison – provoquant le chaos dans les transports à un moment où des dizaines de millions de travailleurs migrants (mingong) rentrent chez eux pour fêter le Nouvel An chinois. Il faudra attendre plusieurs jours pour que le Premier ministre Wen Jiabao se rende à la gare de Canton et présente ses excuses aux mingong26. De nombreuses villes du Hubei sont privées d’électricité pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, montrant au monde les limites de la modernité de la Chine.

Mais ce sont les événements du Tibet et des régions peuplées de Tibétains des provinces environnantes qui constituent le plus grave défi aux dirigeants communistes chinois. Le 14 mars, après plusieurs manifestations de moines réclamant l’indépendance du Toit du monde, des émeutes éclatent à Lhassa à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement des Tibétains contre la présence chinoise. Elles donnent lieu à un véritable pogrom contre les commerçants chinois. La réaction du pouvoir est classique : les journalistes étrangers présents sont expulsés, le Tibet est fermé à la presse27 et les médias chinois font le black out sur les événements qui font la une des journaux du monde entier. Quelques jours plus tard, la télévision diffuse des images de Tibétains, moines et laïcs, qui s’en prennent violemment aux Hans, et annonce un bilan de 19 morts. Le secrétaire du comité du Parti de la région autonome du Tibet, Zhang Qingli, reprenant un langage qui rappelle celui de la Révolution culturelle, accuse la « clique du dalaï » d’être à l’origine de ces émeutes, et dénonce ce dernier en affirmant qu’il n’est qu’un « loup en habit de moine ».

À l’étranger, l’impact de ces événements est immense et c’est précisément à ce moment que la torche olympique (la « flamme sacrée », selon l’expression officielle chinoise) traverse les capitales d’Europe occidentale. Si les organisations protibétaines avaient de longue date préparé leurs protestations contre la répression au Tibet sur le passage de la flamme, les événements de mars donnent à leur cause un écho qu’elles n’auraient jamais pu imaginer. De Londres à Paris, en passant par San Francisco et Sydney, le passage de la flamme donne lieu à de violentes manifestations contre les violations des droits de l’homme en Chine : les organisations favorables à l’indépendance du Tibet naturellement, mais aussi les partisans ouighours d’un « Turkestan oriental » indépendant, les organisations de défense des droits de l’homme qui protestent contre les arrestations d’avocats, les condamnations de dissidents, les expulsions, etc., tous profitent de l’occasion pour dénoncer la répression en République populaire.

La presse, qui reprend ces accusations, donne alors une image extrêmement négative de la Chine, ce qui pousse nombre d’hommes politiques à prendre des positions très fermes sur la question des jeux Olympiques. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy déclare qu’il boycottera la cérémonie d’ouverture si les dirigeants chinois n’entament pas des discussions avec le dalaï-lama.

Le « dernier refuge des fripouilles » ?

Devant le fiasco que représente le parcours de la torche, le Parti communiste décide de ne faire aucune concession. Puisqu’une fois de plus, le monde occidental s’obstine à refuser de reconnaître la puissance de l’empire du Milieu, il décide de profiter de l’occasion pour rassembler l’ensemble des Chinois, du continent mais aussi du monde entier, derrière sa direction.

Dans un premier temps, les médias occidentaux sont accusés de travestir la réalité en affirmant que les Tibétains sont non violents, qu’ils ne font que défendre leur droit à l’autonomie culturelle et à la pratique religieuse. Ils dénoncent des activistes violents qui s’en prennent aux Chinois innocents venus développer l’économie de la Région autonome, et dont le seul but est de faire éclater la Chine28. On rappelle fort à propos que la Cia a financé le dalaï-lama après sa fuite en Inde en 1959. Réaffirmant que depuis les guerres de l’opium les pays occidentaux s’évertuent à empêcher la Chine de retrouver sa position sur la scène internationale, le pouvoir appelle tous les « descendants de l’Empereur jaune » à se rassembler pour condamner cette attitude raciste. Et ces appels ont un succès indéniable. Le 19 avril, les étudiants chinois à l’étranger organisent des manifestations à Paris, à Londres, à Berlin, pour dénoncer les médias occidentaux et affirmer leur soutien au « droit » de la Chine à organiser les jeux Olympiques. Et de dénoncer les menaces de boycott de la cérémonie d’ouverture. Des Chinois d’outre-mer se joignent aux étudiants pour dénoncer l’attitude des Occidentaux.

C’est bien la première fois depuis 1989 que l’on voit des Chinois installés à l’étranger et des étudiants soutenir de manière aussi inconditionnelle la position du gouvernement chinois et des médias officiels.

En Chine même, l’apparition (avec la bénédiction des autorités) d’un site intitulé « anti-Cnn29 » permet aux ressortissants de la République populaire d’exprimer leur indignation. À la suite des violences qui ont émaillé le passage de la flamme olympique à Paris, l’athlète paralysée Jin Jing, qui a défendu ce symbole, est présentée comme une héroïne par les médias nationaux. Des internautes (qui ne sont pas réprimés par les censeurs) lancent un appel au boycott de Carrefour accusé de financer le dalaï-lama. Pendant quelques jours, des activistes se postent devant les divers magasins Carrefour pour empêcher les clients d’y faire leurs achats sous peine d’être traités de « traîtres à la patrie30 ». Jin Jing elle-même, qui a déclaré qu’elle était opposée au boycott, est également accusée de trahison ! Sur le net, les « jeunes gens en colère » (fenqing) se déchaînent contre la France.

Cette mobilisation patriotique tente de sauver la face après les manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme. Mais elle est elle-même à double tranchant. Depuis le bombardement de l’ambassade chinoise en Serbie en effet, les dirigeants du Parti ont une attitude ambiguë par rapport aux manifestations de nationalisme. En 1999, après trois jours de manifestations devant l’ambassade américaine pour dénoncer l’Otan, l’alors vice-président Hu Jintao était intervenu à la télévision pour demander aux protestataires de rentrer chez eux et de transformer leur indignation en force afin de construire une Chine puissante capable de résister aux agressions. Même chose à la suite des manifestations anti-japonaises de 200531. Et, dans le cas du boycott de Carrefour, ce scénario s’est reproduit. Au bout de quelques jours où le peuple a laissé libre cours à son indignation, un article du Quotidien du peuple a appelé les boycotteurs à renoncer à leur action et à mettre leurs forces au service de la cause des JO.

Il faut transformer « cette vertu la plus élevée de l’humanité » (le patriotisme) en une force qui fait avancer le progrès social ; nous devons mettre en pratique l’esprit patriotique, faire que la « colère populaire » devienne une sagesse, une force populaire, permettre qu’elle joue un rôle pour rendre notre pays plus puissant et prospère, notre peuple plus heureux. En d’autres termes, il faut avoir de l’enthousiasme patriotique, mais aussi de la rationalité de grand pays32.

Les dirigeants craignent deux sortes de débordements : d’abord, ils ont peur que les activistes nationalistes ne les accusent de vendre la patrie en ouvrant la Chine aux compagnies étrangères et en envoyant leurs enfants étudier aux États-Unis. D’autre part, ils craignent que les manifestations n’encouragent les mécontents – paysans privés de leurs terres sans compensations adéquates, citadins expulsés pour faire place aux chantiers olympiques – à descendre eux aussi dans la rue pour dénoncer les cadres corrompus. C’est la raison pour laquelle une fois que le « patriotisme » s’est exprimé, montrant le soutien de la nation chinoise au Parti, celui-ci met un terme aux manifestations. Il faut noter que les participants les plus enthousiastes à cette agitation nationaliste sont précisément les classes moyennes émergentes, ces acteurs de la Chine moderne favorisés par le Parti, ceux qui donnent du pays l’image qu’il souhaite projeter. Étudiants, petits patrons, professionnels des secteurs de pointe, employés des multinationales se trouvent à l’avant-garde de ces mouvements, tandis que le petit peuple, les laobaixing, s’ils participent de la fierté générale, sont moins enthousiastes car ils sont plus inquiets du développement de la corruption, de l’inflation et de la hausse des prix qui accompagne l’approche des JO.

Les événements qui ont accompagné le parcours de la flamme ont montré clairement qu’entre prendre des mesures pour améliorer son image internationale et faire appel au nationalisme pour mobiliser le soutien de la population, les autorités n’ont pas hésité : elles ont préféré sacrifier l’image de leur pays dans le monde, et par là même risquer de compromettre le succès des jeux Olympiques. Devant la montée des critiques, elles ont annoncé de sérieuses restrictions à la délivrance des visas33 aux touristes et même aux résidents étrangers. Avec pour conséquence une chute du nombre de visiteurs et un taux de remplissage de seulement 46 % des chambres des grands hôtels de Pékin dont un grand nombre ont été construits justement à l’occasion des JO au mois d’août34. Cela montre bien qu’en cas de crise, le politique continue de dicter ses exigences aux milieux économiques.

Pourtant, une fois qu’ils ont montré que l’ensemble de la population chinoise était indignée par l’attitude de l’Occident, les dirigeants du Parti, conformément à la vieille tactique communiste selon laquelle on ne fait jamais de concessions à chaud, ont amorcé un virage :

Au vu des demandes répétées du côté du dalaï-lama pour une reprise des pourparlers, les départements concernés du gouvernement central auront des contacts et des consultations avec un représentant privé du dalaï-lama dans les prochains jours35.

Bien entendu, ces contacts n’ont encore rien donné, mais ils peuvent permettre de convaincre les chefs d’État occidentaux de la bonne volonté de la Chine36.

Une divine surprise ?

Au moment où l’image internationale de la République populaire était au plus bas, le tremblement de terre qui a ravagé le Sichuan le 12 mai a fourni aux dirigeants du Parti l’occasion de changer la donne. Comparée à l’incompétence du gouvernement birman devant la catastrophe causée par le typhon Nargis le 3 mai, la réaction des autorités chinoises est apparue comme un modèle d’efficacité. Dès que la catastrophe s’est produite, elles ont fait appel à l’aide internationale, ont dépêché l’armée et la police armée sur les lieux du sinistre pour apporter les premiers secours, suscitant l’admiration de tous les observateurs étrangers. La compassion pour les victimes de l’un des plus graves tremblements de terre de l’histoire, le dévouement de la population et l’efficacité des secours ont conduit la presse internationale – qui, un mois plus tôt, n’avait pas de mots assez durs pour critiquer les dirigeants de la République populaire – à faire l’éloge du Premier ministre Wen Jiabao qui n’a pas hésité à se rendre sur place par trois fois en deux semaines. Les journalistes étrangers qui ont pu être sur place très rapidement ont eux aussi loué le changement d’attitude des autorités.

En fait, la réalité est bien plus complexe et, en Chine même, les critiques ne manquent pas. Les parents des enfants disparus dans les écoles construites avec des matériaux de très mauvaise qualité demandent des comptes aux cadres locaux accusés d’avoir détourné les sommes allouées à l’éducation, les donateurs se plaignent de l’absence de contrôle sur l’utilisation des sommes qu’ils ont versées et les organisations non gouvernementales, arrivées les premières sur les lieux du sinistre, se plaignent d’avoir été renvoyées par les autorités locales une fois que celles-ci ont repris les choses en main. Elles font du reste tout pour faire taire les protestataires, montrant qu’il est impossible de prouver que des constructions défectueuses expliquent l’ampleur des destructions d’écoles37. En même temps, la télévision nationale qui, au lendemain du sinistre, avait assuré une couverture très professionnelle du tremblement de terre, multiplie les émissions à caractère nationaliste, dans lesquelles de « simples citoyens » chantent les louanges de l’armée, et font de l’aide aux sinistrés une illustration de la justesse de la direction du Parti. Sur les écrans, les discours patriotiques, les chansons nationalistes sont omniprésents tandis que dans des émissions « participatives », les spectateurs affirment leur fierté d’être chinois. En somme, la catastrophe a été récupérée par la propagande. La manière dont la population de tout le pays a été mobilisée pour affirmer son soutien aux sinistrés du Sichuan en se réunissant sur les places pour crier « Allez le Sichuan, Allez la Chine » (Sichuan jiayou, Zhongguo jiayou) dans une répétition des slogans olympiques montre que le pouvoir n’épargne aucune occasion de réaffirmer l’unité de la population derrière lui.

L’organisation des jeux Olympiques permet de jeter un éclairage sur la manière dont le Parti communiste exerce le pouvoir. Au départ, il avait l’intention de convier le monde à assister à l’émergence d’une puissance pacifique, moderne et responsable, et de montrer aux Chinois qu’il avait réalisé le rêve de la construction d’un pays puissant et prospère (fuguo meng). C’est ainsi que la destruction du vieux Pékin a été accélérée, que les travailleurs migrants ont été renvoyés dans leurs campagnes, les dissidents forcés à se taire, les protestataires empêchés de se rendre dans la capitale. Ce nettoyage aurait dû se faire dans la discrétion. Mais les nombreux incidents qui ont émaillé la marche vers cet événement planétaire ont contrarié sa volonté. Les émeutes au Tibet ont montré que le pouvoir refusait d’accorder une véritable autonomie aux « minorités nationales » et qu’il se livrait à une politique d’assimilation brutale. Elles ont également révélé au monde que les autorités chinoises continuent de considérer toute critique comme une menace contre leur pouvoir.

Celles-ci ont répondu à l’indignation qui s’est exprimée à l’étranger en surfant sur la vague nationaliste qu’elles ont provoquée dans les classes moyennes. Pourtant, on a vu à cette occasion que la Chine a changé depuis l’époque de Mao Zedong. Malgré le discours officiel affirmant que les émeutes au Tibet constituaient une tentative de saper l’unité nationale, on a vu des opinions divergentes s’exprimer : des intellectuels dissidents ont signé une pétition appelant au dialogue avec le dalaï-lama38, mais cela n’est pas très nouveau. Plus rare, on a vu des avocats s’offrir pour défendre les émeutiers tibétains arrêtés après les événements. Les représailles n’ont pas tardé et le juriste Teng Biao s’est vu supprimer sa licence d’avocat39. Toutefois, cela montre que l’idée de l’existence de droits égaux pour tous les citoyens fait son chemin. Plus gênant encore pour le pouvoir, certains articles de journaux ont appelé au dialogue avec les Tibétains40, tandis que d’autres41 contestaient la manière dont le pouvoir politise les jeux Olympiques42. Certains journalistes critiquaient aussi le slogan des JO, « un monde, un rêve », affirmant que la modernité se caractérisait justement par la multiplicité des rêves43.

En somme, si les JO ont permis de montrer que le Parti est toujours en mesure de conserver le soutien de la population en manipulant au besoin ses aspirations nationalistes, ils indiquent également que la Chine est aujourd’hui plus diverse qu’il ne le souhaite. Les voix critiques sont certes minoritaires, voire marginales, mais elles continuent de s’exprimer même dans des situations où les pressions en faveur de l’unanimisme sont extrêmement fortes. C’est sans aucun doute un aspect qu’il faut prendre en compte lorsque l’on essaie d’envisager l’évolution du régime.

  • *.

    Directeur de recherche au Cnrs, Ceri-Sciences Po, Centre d’études français sur la Chine contemporaine (Hong Kong). Il a notamment participé récemment au livre sur les Droits humains en Chine. Le revers de la médaille, publié par Amnesty International, Paris, Autrement, 2008.

  • 1.

    « Hu Jintao et d’autres dirigeants vont à l’aéroport accueillir la délégation de candidature de Pékin triomphante », Renmin Ribao (Quotidien du peuple, édition internationale), 16 juillet 2001.

  • 2.

    Liu Xiaobo, « Des JO politisés comme on en a rarement vus », Xin Bao (Hong Kong, Economic Journal), 20 juillet 2001.

  • 3.

    De l’industrie, de l’agriculture, de la défense nationale, des sciences et des technologies.

  • 4.

    « Écrire un magnifique chapitre de l’histoire du mouvement olympique », Quotidien du peuple, 14 juillet 2001.

  • 5.

    Wei Jingsheng, « Démocratie ou nouveau despotisme ? », Tansuo, n° 4, mars 1979.

  • 6.

    “Eight Years-Recalling Beijing’s 1993 Olympic Bid”, Quotidien du peuple, 16 juillet 2001. http://english.peopledaily.com.cn/english/200107/16/eng20010716_75095.html

  • 7.

    Entretien avec Wei Jingsheng à Pékin, octobre 1993.

  • 8.

    En 1986, la victoire des volleyeuses chinoises au championnat du monde avait provoqué un enthousiasme sans précédent dans les foules pékinoises, tandis que l’élimination de la Chine par le Japon aux qualifications pour la Coupe du monde de 1985 avait provoqué une émeute décrite par l’écrivain Liu Xinwu, « 5.19 chang jingtou » (Zoom sur le 19 mai), Renmin Wenxue, juillet 1985, p. 4-28.

  • 9.

    « Écrire un magnifique chapitre de l’histoire du mouvement olympique », art. cité.

  • 10.

    En novembre 2001, après treize ans de négociations, la Chine entre enfin à l’Organisation mondiale du commerce.

  • 11.

    Christopher Clarey “Beijing is awarded 2008 Summer Olympics”, International Herald Tribune, 14 juillet 2001.

  • 12.

    Voir le site de Human Rights Watch, http://www.ir2008.org/olympics.php

  • 13.

    “Anger as Beijing continues demolitions”, South China Morning Post, 4 décembre 2008.

  • 14.

    Cité dans Amnesty International, Droits humains en Chine : le revers de la médaille, Paris, Autrement, 2008, p. 18

  • 15.

    “Group claims 1.25 million people have already been displaced in Beijing”, A.P., 5 juin 2008, posté sur le site de CNN.com

  • 16.

    Chen Lulu, “Shopkeepers fuming over a road to ruin”, South China Morning Post, 17 avril 2008.

  • 17.

    Hourly News Bulletin, Radio Television Hong Kong, Radio 3, 30 juin 2008.

  • 18.

    Howard French, “Activists warned on olympic protests”, New York Times, 26 juin 2008.

  • 19.

    “China sentences an advocate of land rights to five years”, New York Times, 25 mars 2008.

  • 20.

    Bruno Philip, « Pékin traque les opposants avant les jeux Olympiques », Le Monde, 12 janvier 2008 et “Rights activist Hu Jia appeal denied: lawyer”, South China Morning Post, 17 avril 2008.

  • 21.

    H. French, “Hu to seek Darful deal during visit to Sudan”, New York Times, 24 janvier 2007.

  • 22.

    Voir le rapport de Human Rights Watch, “You will be harassed and detained” http://hrw.org/reports/2007/china0807/

  • 23.

    Regina Leung, “Mainland frees jailed HK journalist”, South China Morning Post, 5 février 2008.

  • 24.

    Voir IR2008 “Packaging China for the Olympics”, Human Rights in China http://hrichina.org/public/PDFs/CRF.1.2007/CRF-2007-1_IR2008.pdf

  • 25.

    http://torchrelay.beijing2008.cn/fr/journey/n214038159.html

  • 26.

    http://www.france24.com/france24Public/fr/nouvelles/asie-pacifique/20080131-chineintemperie-propagande-neige-froid-paralysie-chaos-verglas-explication.php

  • 27.

    Cette décision est d’autant plus étonnante que le seul journaliste étranger présent lors des événements, le correspondant de The Economist James Miles, avait donné des manifestations une version qui ressemble beaucoup à celle qu’en donneront les autorités chinoises.

  • 28.

    “Hu says Tibet unrest an internal matter”, South China Morning Post, 14 avril 2008.

  • 29.

    www.anti-cnn.com

  • 30.

    “Beijing gives tacit support to calls for boycott of French goods”, South China Morning Post, 16 avril 2008.

  • 31.

    Wang Xiangwei, “Enough is enough – any future protests must be carried out peacefully”, South China Morning Post, 19 avril 2005.

  • 32.

    Aiguozhuyi ruhe geng youli ? (Comment faire pour que le patriotisme ait encore plus de force ?), Quotidien du peuple, 21 avril 2008.

  • 33.

    “Bracing for Games, China sets rules that complicate life for foreigners”, New York Times, 24 avril 2008.

  • 34.

    Jane Cai, “Room rates fall as tourist bookings fail to match overly optimistic prediction”, South China Morning Post, 25 juin 2008.

  • 35.

    « La Chine accepte une rencontre avec des représentants du dalaï-lama », Le Monde, 25 avril 2008.

  • 36.

    Une deuxième rencontre a été prévue début juillet après celle du 4 mai, “Central authorities to meet Dalai’s representatives in early July”, Xinhua, 29 juin 2008.

  • 37.

    Josephine Ma, “Officials wash hands over quake”, South China Morning Post, 27 juin 2008.

  • 38.

    “Twelve suggestions for dealing with the Tibetan situation”, 22 mars 2008, New York Review of Books, 15 mai 2008, www.mybooks.com/articles/21379

  • 39.

    Le 1er juin 2008, Teng a annoncé qu’on lui avait refusé le renouvellement de sa licence. www.chrlcg-hk.org/?p=292

  • 40.

    Voir l’article de Cao Xin, « Tibet : une autre politique chinoise est possible », publié dans Nanfang Zhoumo et traduit dans Courrier international, 16 avril 2008.

  • 41.

    Voir l’article de Wei Hanfeng, rédacteur en chef exécutif du Magazine des sports, traduit dans ce numéro (p. 23-28).

  • 42.

    Huang Puping, « Buwei fu yun zhe wangyan » (Il ne faut pas craindre que les nuages qui flottent obscurcissent le regard), Caijing, 30 avril 2008, http://www.caijing.com.cn/20080430/58921.shtml

  • 43.

    Le Ping, « Wu jia Aoyun zhi ming » (Ne pas faire n’importe quoi au nom des JO), Caijing, 11 avril 2008, http://www.caijing.com.cn/20080411/56200.shtml