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Amnistie en Algérie : quand le pouvoir se reconduit dans l’impunité

juin 2006

#Divers

Le processus entrepris depuis la réélection d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Algérie, et conduisant à une amnistie totale des crimes commis pendant la guerre civile opposant le pouvoir et les islamistes, est en cours d’achèvement. Mais cette amnistie, qui ne s’accompagne d’aucune transition politique, a pour l’instant contribué à renforcer la logique sécuritaire de l’État.

Le processus entrepris depuis la réélection en 2004 d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Algérie et conduisant à une amnistie totale des crimes commis pendant la guerre est en cours d’achèvement1. La guerre civile opposant le pouvoir et les islamistes fit 200 000 morts, 15 000 disparus et 1 500 000 déplacés depuis 1992. Mais ce qui est présenté comme une réconciliation nationale prend la forme d’une « autoamnistie » des généraux qui dirigent le pays plus ou moins ouvertement et de leurs ennemis d’hier, les islamistes des Gia2. À la différence de ce qui se passa en Amérique latine, cette amnistie est un solde de tout compte. Elle ne s’accompagne d’aucune transition politique et a, au contraire, pour but de reconduire le système dont la colonne vertébrale est le Drs (département recherche et sécurité, exsécurité militaire). Approuvé

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Jean-Pierre Peyroulou

Spécialiste de l’histoire de l’Algérie et des problématiques liées à la décolonisation.   Après un ouvrage sur la guerre civile algérienne des années 1990 (L’Algérie en guerre civile, avec Akram B. Elyas, Calmann-Lévy, 2002) et une réinterprétation des violences des mois de mai et de juin 1945 en Algérie (Guelma, 1945, La Découverte, 2009), il prépare un atlas historique des décolonisations, ce…

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