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La crise, les économistes et le prix Nobel d'Elinor Ostrom

novembre 2009

#Divers

Quand une discipline savante joue un rôle aussi central que l’économie à l’échelle mondiale, il est inévitable que l’usage qui en est fait dans l’espace public soit la source de nombreuses interrogations. Comment la discipline peut-elle entrer en dialogue avec d’autres démarches elles aussi rigoureuses ? Le cas du prix décerné cette année à Elinor Ostrom offre justement un bel exemple d’une rencontre fructueuse entre science économique et philosophie politique.

Pour beaucoup de commentateurs, la récente crise financière trouve son origine dans l’évolution de la science économique depuis les années 1970. Bien sûr, va l’argument, l’appétit au gain, les comportements mimétiques ou la défaillance des régulateurs ont joué un rôle direct. Mais in fine tout ceci aurait été permis par la pensée des économistes. La proposition n’est pas banale, puisqu’en somme elle affirme un effet puissant de l’observateur ou du théoricien sur la réalité qu’il étudie. Un tel pouvoir met donc en question le statut contemporain de la science économique, tout à la fois comme la plus forte, la plus légitime et la plus politique des sciences sociales.

Cette

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Jérôme Sgard

Docteur en économie, Jérome Sgard est professeur d’Économie Politique à Sciences Po. Auparavant, il a notamment été chercheur au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII). Il est notamment l’auteur de L’Économie de la panique (La Découverte, 2002) et Europe de l’Est : la transition économique (Flammarion, 1997).…

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