Marcel Hénaff | DR
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La sagesse de Marcel Hénaff

Extraits présentés

Inspirée de l’art musical de Lévi-Strauss et de l’éthique de la traduction de Paul Ricœur, la sagesse de Marcel Hénaff part de l’anthropologie du don cérémoniel pour développer une politique de la reconnaissance réciproque. Dans les sociétés modernes, cette dernière est assurée par la loi, mais elle est menacée par l’hégémonie de l’économie marchande.

Nous proposons quelques extraits des articles de Marcel Hénaff publiés dans la revue Esprit afin d’introduire à son œuvre qui place la reconnaissance symbolique en son cœur.

Une anthropologie « bonne à penser »

Pour Marcel Hénaff, l’anthropologie de Lévi-Strauss est «bonne à penser» parce qu’elle articule de manière originale le sens à la vérité : «comprendre, ce n’est pas donner un sens, c’est saisir un sens donné». Contre les philosophies du sujet qui accordent le primat à l’intentionnalité de la conscience, l’approche structurale considère que le sens est toujours déjà donné dans la forme de l’objet, c’est-à-dire dans ses rapports différentiels et ses règles de transformation : «Il y a déjà un ordre intelligible dans les choses elles-mêmes qui rend possible l’acte du sujet de conférer un sens à ces choses1.» L’anthropologie de Marcel Hénaff retient ainsi de l’approche structurale que les structures

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Jonathan Chalier

Rédacteur en chef adjoint de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique.

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L’anthropologie du don de Marcel Hénaff, ainsi que son éthique de l’altérité et sa politique de la reconnaissance, permettent de penser les limites de la marchandisation, le lien entre les générations et les transformations urbaines. À lire aussi dans ce numéro : l’image selon Georges Didi-Huberman, l’enseignement de la littérature, la neuropédagogie, l’invention de l’hindouisme, l’urgence écologique et la forme poétique de Christian Prigent.