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Une nouvelle cinéphilie ?

La cinéphilie des années d’après-guerre vivait dans une certaine pénurie. Les salles étaient nombreuses, les chefs-d’œuvre affluaient mais la documentation n’était pas abondante : il fallait constituer des dossiers de presse, collectionner de rares photographies, rédiger des fiches. Le souvenir d’une œuvre ne pouvait être que celui d’une salle obscure, impossible de la revoir à volonté ou de sélectionner une scène. Avec la pellicule et le dispositif de projection, la salle de cinéma limitait l’immersion dans le film en nous rappelant que nous ne faisions que regarder la projection de vingt-quatre images par seconde sur un écran de toile blanche.

La cinéphilie de l’abondance

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Il n’y a jamais eu autant de façons de voir des films. On trouve nombre de classiques en ligne, notamment passés dans le domaine public, mais également des centaines de courts-métrages, des critiques, des podcasts d’émissions, des entretiens, des bandes-annonces, des détournements, des parodies, des montages, des bandes originales. Vigo, Murnau, Méliès se trouvent sur Youtube. La base de données du cinéma Imdb permet de plonger dans l’érudition encyclopédique. On peut s

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