Introduction. Entre néolibéralisme et régulation : l’État à la croisée des chemins
Nous suivrons la crise actuelle, qui n’est pas seulement financière, en deux temps. Dans le présent numéro, nous analysons la crise elle-même et nous rappelons qu’elle intervient dans un contexte de ruptures de paradigme dans notre rapport à l’action de l’État, aux politiques sociales, au droit et même à la conception de l’individu.
Le mois prochain, pour mettre en perspective l’appel général à un retour de la régulation et le type de réponse que l’État est susceptible d’apporter aujourd’hui, nous proposerons un tour d’horizon de la manière dont des outils issus de la critique néolibérale de l’État-providence ou de l’intervention de l’État se diffusent en France (« Dans la tourmente (2). Que fait l’État ? Que peut l’État ? », décembre 2008). Ce qui incite à ne pas croire trop naïvement à un « reflux » de la vague néolibérale.
Tous régulateurs ! Depuis le 15 septembre, date de l’annonce de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, on ne compte plus les prises de position, tous camps idéologiques confondus, en faveur de l’intervention de l’État dans l’économie, à court terme pour éviter la propagation de la crise, à moyen terme pour conjurer la récession qui se profile, à long terme pour instituer des règles prévenant les excès du capitalisme livré à lui-même. Mais que signifie ce nouvel unanimisme antidérégulateur, cet appel pressant au contrôle et à quel État s’adresse-t-il au juste ? S’agit-il simplement d’une parenthèse qui se ferme ou de l’entrée, encore incertaine, dans un nouveau système de relations entre acteurs économiques, État et marché ?
Dans l’urgence, les États n’ont d’autre choix que de rassurer les épargnants et d’arroser les banques pour éteindre l’incendie. Avec les plans de secours américain (700 milliards de dollars, soit 520 milliards d’euros) puis européen (1 700 milliards d’euros1), on voit fonctionner à plein un risque d’« aléa de moralité », expression savante des économistes pour traduire en l’occurrence le fait que certains acteurs économiques peuvent prendre des risques excessifs sans avoir à en subir les conséquences, en raison des catastrophes en série que cela pourrait entraîner dans le reste de l’économie, obligeant ainsi l’État à intervenir pour les aider (c’est aussi ce que résume l’expression beaucoup utilisée : « privatisation des profits, socialisation des pertes »). Mais au-delà de l’urgence, des leçons seront-elles vraiment tirées de cet épisode ? On peut le penser, car la crise ne touche pas les seules bourses ou les banques : elle affecte les perspectives de toute l’économie au niveau mondial, elle annonce la fin du modèle de croissance qui avait accompagné la globalisation financière, elle rouvre un débat au sein de la discipline économique, elle redistribue les rapports de force au sein des entreprises.
Un krach idéologique
La crise financière de septembre et octobre 2008 marque la fin d’un fonctionnement global de la finance de marché2. Mais elle sanctionne aussi, en même temps que des prises de risques mal contrôlées, un échec idéologique, celui du néolibéralisme. On ne reviendra pas ici sur le mécanisme de la crise elle-même (rappelé infra par une série d’économistes dans l’entretien sur les « tournants de la crise financière »), qui conduit du retournement du marché immobilier américain à la crise des liquidités et à la perte de confiance sur le marché interbancaire. Il reviendra aux spécialistes d’éclaircir les conflits de doctrines entre économistes au sujet de l’efficience des marchés, du rôle de l’État ou encore de l’usage des nouveaux outils financiers…
On peut déjà dire, cependant, qu’il est un peu court de parler de « revanche de Keynes3 », comme s’il suffisait de constater que l’État est de retour pour comprendre de quelle manière l’État est à même d’agir dans une économie mondialisée. Comme l’écrit Philippe Frémeaux dans l’éditorial du numéro d’octobre 2008 d’Alternatives économiques :
Le néolibéralisme n’a pas été un retrait de l’État. L’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni en 1979, puis de Ronald Reagan aux États-Unis en 1982 a ouvert une période d’intervention majeure de l’État. La dérégulation a été une rerégulation, c’est-à-dire un changement des règles du jeu, au profit des plus puissants et des plus riches. Le marché ne fonctionne jamais sans règles, sans institutions. Et ce sont ces règles, ces institutions que les néolibéraux ont profondément modifiées4.
Le fait que certains outils de l’intervention publique ne soient plus disqualifiés a priori donne certes plus de latitude au débat économique. Mais dans l’urgence, c’est surtout vers l’État pompier et vers le contribuable qu’on se tourne ! Pour le reste, la crise elle-même vient encore réduire les maigres marges de manœuvre de la puissance publique qui, en tout état de cause, ne reviendra pas à l’économie administrée d’hier ou d’avant-hier ni à l’État-entrepreneur.
La rationalité catastrophique des marchés financiers
Il ne suffira donc pas de stigmatiser une fois de plus l’« exubérance irrationnelle des marchés » ni de viser la droite américaine. Un peu d’histoire économique rappelle que l’ouverture des marchés financiers a été largement promue par l’Europe et notamment par la gauche française, alors que les Américains n’étaient pas particulièrement demandeurs5. Mais surtout, on ne peut opposer une mauvaise finance (spéculation et abstraction) à une vertueuse économie réelle (effort et épargne). Tout épargnant a ressenti ces dernières semaines l’interconnexion de l’économie mondiale. En constatant que le krach boursier conduit à une crise du crédit, on doit reconnaître que la finance n’est pas « déconnectée » de l’économie réelle, ne serait-ce que parce que c’est à elle qu’il revient de traiter finalement la gestion des risques que prennent les ménages quand ils empruntent ou les entrepreneurs quand ils créent une nouvelle activité. La préoccupation des pouvoirs publics découle justement de ce que les marchés ne sont pas autonomes par rapport à l’économie des ménages !
La catastrophe survient en outre dans une sphère d’activités non pas irrationnelle mais considérée comme hautement rationnelle puisqu’elle s’appuie sur des mathématiques financières sophistiquées ! La rationalité elle-même ne prémunit pas de l’« aveuglement au désastre », particulièrement dans un monde censé faire valoir sa valeur professionnelle sur la maîtrise des risques et les anticipations rationnelles… comme nous l’expliquait il y a juste quelques mois André Orléan6. Le marché a moins manqué de rationalité que de prudence. Pour autant, la crise est désormais telle que le retour à des règles prudentielles plus strictes ne suffira pas à restaurer la confiance. Au-delà de la moralisation du capitalisme, qui passera notamment par une indispensable lutte contre les parachutes dorés et les paradis fiscaux, au-delà de l’effort normatif pour établir une plus grande transparence des marchés, c’est peut-être, pour André Orléan, le choix du décloisonnement des liquidités qui doit être mis en cause (voir son article ici même). Sans quoi, on ne pourra contenir les mécanismes d’emballement qui caractérisent la sphère financière car dans un marché où il faut raisonner sur les anticipations des autres acteurs, les prophéties autoréalisatrices et les comportements mimétiques occupent par définition une place prépondérante7.
Généralisation du modèle de la concurrence
La crise actuelle signifiera sans doute également une redistribution des pouvoirs, au sein des entreprises, entre salariés, actionnaires et dirigeants. À travers la crise financière, c’est bien une crise du capitalisme qui se manifeste, en particulier du régime de croissance qui a suivi la fin du compromis fordiste. Le travail de Michel Aglietta (chef de file de l’école dite de la « régulation ») avait montré comment la sortie du modèle fordiste, qui ne touchait pas que l’organisation du travail, signifiait aussi une transformation des rapports de force entre les détenteurs de capitaux, les entreprises et les salariés8.
La constitution d’un espace financier global a donné un poids plus grand aux actionnaires minoritaires des entreprises, qui ont su peser sur les équipes managériales pour obtenir des taux de rentabilité toujours plus élevés (c’est la fameuse limite des 15 %, en deçà de laquelle de nombreuses activités tout à fait rentables ont néanmoins été condamnées). Cette pression managériale a contribué à la déstabilisation des compromis sociaux internes aux entreprises (le déséquilibre de l’échelle des salaires n’étant qu’un signal d’alerte de ces nouveaux rapports de force internes). Tout un modèle de croissance s’était mis en place autour d’une importante épargne disponible, un fort endettement des ménages aux États-Unis et la globalisation financière. Avec la remise en cause simultanée de ces trois éléments, c’est le modèle de croissance à l’américaine, développé dans les années 1990, qui touche, brutalement, à ses limites.
Mais si l’on peut penser qu’une époque s’achève pour la finance, pour la croissance à l’américaine, pour les certitudes de l’école économique néoclassique, qu’en est-il en ce qui concerne l’action de l’État ? Si l’on ne comprend pas en quoi consistait le plaidoyer « dérégulateur » d’hier, on ne peut que s’en remettre à l’image d’une vague « néolibérale » dont le reflux serait aujourd’hui aussi irrésistible que sa progression hier. Faute de comprendre en quoi l’action de l’État a été contestée, on risque de se méprendre sur le « retour » qu’il serait appelé à opérer désormais. Si le « néolibéralisme » a toujours eu mauvaise presse en France, il n’en a pas été mieux analysé pour autant9. La critique de l’utralibéralisme anglo-saxon manque en effet le plus souvent de voir que celui-ci, même pris dans sa démarche la plus radicale, ne promeut pas un système sans règle (voir ci-dessus l’analyse que Michel Foucault propose du néolibéralisme). Il croit en la vertu de l’État dans la mesure où celui-ci garantit le fonctionnement du marché, en particulier les mécanismes de la concurrence.
Une définition du néolibéralisme*
« Le néolibéralisme, ce n’est pas Adam Smith ; le néolibéralisme, ce n’est pas la société marchande ; le néolibéralisme, ce n’est pas le Goulag à l’échelle insidieuse du capitalisme.
Qu’est-ce donc que ce néolibéralisme ? […] Pour le néolibéralisme, le problème n’était pas du tout de savoir, comme dans le libéralisme de type Adam Smith, le libéralisme du xviiie siècle, comment, à l’intérieur d’une société politique donnée, on pouvait découper, ménager un espace libre qui serait celui du marché. Le problème du néolibéralisme, c’est, au contraire, de savoir comment on peut régler l’exercice global du pouvoir politique sur les principes d’une économie de marché. Il s’agit donc non pas de libérer une place vide, mais de rapporter, de référer, de projeter sur un art général de gouverner les principes formels d’une économie de marché. Pour arriver à faire cette opération […] les néolibéraux avaient été obligés de faire subir au libéralisme classique un certain nombre de transformations.
La première de ces transformations […] c’était essentiellement la dissociation entre l’économie de marché et le principe politique du laisser-faire. Ce décrochage […] avait été obtenu […] à partir du moment où les néolibéraux avaient présenté une théorie de la concurrence pure, qui faisait apparaître cette concurrence non pas du tout comme une donnée primitive et naturelle qui serait en quelque sorte au principe même, au fondement, de cette société et qu’il suffirait de laisser remonter à la surface et de redécouvrir en quelque sorte ; la concurrence, loin d’être cela, était une structure, une structure dotée de propriétés formelles, et c’étaient ces propriétés formelles de la structure concurrentielle qui assuraient, et pouvaient assurer, la régulation économique par le mécanisme des prix. […] Le néolibéralisme ne va donc pas se placer sous le signe du laisser-faire mais, au contraire, sous le signe d’une vigilance, d’une activité, d’une intervention permanente. »
*.Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France, 1978-1979, Paris, Gallimard/Le Seuil, coll. « Hautes Études », 2004, p. 136-137.
L’offensive idéologique opérée à partir des années 1980 consistait en outre à étendre les vertus de ce modèle de la concurrence à d’autres sphères d’activités, dévolues jusque-là à d’autres modes d’intervention, notamment bureaucratiques ou administratifs, à travers l’invention de nouveaux outils de gouvernement et de management de la fonction publique. C’est ainsi qu’une logique normative nouvelle organisait l’action de l’État autour du principe de la mise en concurrence. Comme le montre ici même Jacques Donzelot, cela conduit à établir, à la place des mécanismes de la solidarité et de protection, un « social de compétition » :
En l’occurrence, il s’agit de voir comment on passe d’un social de compensation conçu dans la perspective d’une pacification de la société, d’une réduction de ses conflits internes, à un social de compétition destiné à permettre la mobilisation de la société par rapport à des enjeux économiques définis au plan externe.
La valorisation de la « remise en mouvement », qui est aussi un retour sur le marché, donc une exposition à la concurrence, s’accompagne aussi de la promotion d’une conception de l’individu, comme l’explique Michaël Fœssel dans ce dossier :
Le néolibéralisme envisage l’action de l’État comme une incitation destinée à permettre aux individus de devenir ce qu’ils sont : des êtres concurrentiels disposant d’un maximum d’information sur l’état du marché.
Que peut l’État ?
Nous avions déjà eu l’occasion de nous interroger en novembre 2005 (« Des sociétés ingouvernables ? ») sur l’intérêt des analyses de l’action de l’État à partir d’une critique du « néolibéralisme ». Ce terme, souvent faute d’une définition précise, donne lieu à bien des malentendus sémantiques et idéologiques. L’intérêt du travail de Michel Foucault, dont la publication des cours au Collège de France est en grande partie à l’origine de l’intérêt renouvelé pour ces questions, est de montrer que le néolibéralisme n’est pas une doctrine du retrait de l’État mais une pensée de la « gouvernementalité », c’est-à-dire de la manière dont l’État « conduit les conduites ». Dans le même dossier, Renaud Epstein, à partir de la politique du logement, avait utilisé l’expression de « gouvernement à distance » pour résumer le type d’action que l’État développe actuellement10. Loin de pouvoir se contenter d’une analyse qui ne verrait qu’un va-et-vient entre « retrait » de l’État ou « extension » de son périmètre d’action, ou de lectures qui opposent le maintien du statu quo à la crainte du « démantèlement », un examen précis des politiques publiques montre un changement de registre de l’action de l’État. Renaud Epstein identifie ainsi trois modèles successifs de l’action publique à propos du logement mais c’est aussi suggestif pour la conception générale de l’intervention publique :
un premier modèle de gestion centralisée du local fondé sur des techniques de normalisation ; un deuxième modèle de gouvernement négocié appuyé sur le projet territorial et le contrat global : un troisième modèle, en voie d’émergence, que l’on peut qualifier de gouvernement à distance, appuyé sur des procédures renouvelées qui transposent dans la sphère publique des techniques issues de la gestion privée11.
L’« art de gouverner » est en train de changer profondément en fonction de ces nouveaux principes d’action (qui ne sont pas tous illégitimes puisqu’il s’agit aussi de mieux prendre en compte les attentes du contribuable, qui n’est pas seulement un « usager ») et dans ce domaine les corrections de trajectoires sont lentes. C’est ce que nous verrons le mois prochain…
Suite de ce dossier
Décembre 2008 – Dans la tourmente (2). Que fait l’État ? Que peut l’État ?
Philippe Bezes, « Réforme de l’État : traditions et rupture » (entretien).
Michel Blondel et Dominique Gaudron, « État en mouvement, État en situation. Le pilotage de l’action publique et les réformes actuelles » (entretien).
Detlef Sack, « Le management néolibéral en Allemagne ».
Sylvie Trosa, « Peut-on réformer l’État sans la société ? » (entretien).
Bernard Perret, « L’évaluation des politiques publiques ».
Gilles Jeannot, « Réforme de la fonction publique et réorganisation de l’État ».
Michel Casteigts, Dominique Blais, Michel Cotten, Patrick Thull, Sylvie Trosa, « Pour en finir avec la réforme de l’État ».
L’économie et les marchés financiers à l’heure de la globalisation dans Esprit
Articles
André Orléan, « L’aveuglement au désastre. Le cas des crises financières » (entretien), mars-avril 2008.
Bruno Biais, « Les scandales financiers : aléa moral ou problème éthique ? », mai 2008.
—, « Transparence des marchés, conflits d’intérêts et crise financière », octobre 2007.
Olivier Pastré, « Six ans après Enron, le nouveau visage des capitalismes », août-septembre 2007.
Jean-Michel Rey, « Qu’est-ce que faire crédit ? Entre littérature et économie » (entretien), mars 2005.
Dossiers
Juin 2007 – La France dans le nouveau monde industriel
Daniel Cohen, « Introduction. Pistes pour une régulation mondiale à inventer ».
—, « Le débat sur les choix politiques est esquissé ».
Lionel Fontagné, « Quelle spécialisation optimale pour la France ? ».
Philippe Martin, « Convergences des richesses, cumul des handicaps : les effets de la mondialisation sur les territoires ».
Joël Maurice, « Demande d’énergie et de matières premières : les limites approchent ».
Olivier Mongin, « Le décentrement du monde ».
Novembre 2005 – Des sociétés ingouvernables ?
« Introduction : Relire Michel Foucault pour comprendre les changements de gouvernementalité ».
Jacques Donzelot, « Michel Foucault et l’intelligence du libéralisme ».
Jacques Donzelot et Colin Gordon, « Comment gouverner les sociétés libérales ? » (discussion).
Renaud Epstein, « Gouverner à distance. Quand l’État se retire des territoires » (article en ligne).
Jean-Joseph Goux, « Progrès de l’histoire, économie de marché, mondialisation ».
Février 2002 – Y a-t-il encore des biens non marchands ?
Gérald Sfez, « Le don, l’argent, la philosophie. Présentation du Prix de la vérité ».
Marcel Hénaff, « De la philosophie à l’anthropologie. Comment interpréter le don ? » (entretien).
—, « Argumentaire : du don cérémoniel à la politique de la reconnaissance » (article en ligne).
—, « L’argent et le hors-de-prix ».
Paul Dumouchel, « Le sacrifice dans l’économie du don ».
Marc Abélès, « La nouvelle philanthropie américaine et l’esprit du capitalisme ».
Juillet 2001 – Monnaie, souveraineté et lien social
Michel Aglietta, « L’euro, avec ou sans confiance ? Comment créer une nouvelle valeur ? » (entretien).
Pascal Lamy, « Les moyens d’action économique de l’Europe ».
Jean-Paul Maréchal, « Critique d’un lieu commun : l’économie comme science ».
Jacques Généreux, « Manifeste pour l’économie humaine ».
Novembre 2000 – L’économie, avec ou sans valeurs ?
Olivier Mongin, « Nouvelle économie ? nouvel individu ? nouvelles valeurs ? ».
Bernard Perret, « La “nouvelle économie”, un mythe libéral ? ».
Jean-Louis Laville, « Au-delà du libéralisme social ».
André Orléan, « L’individu, le marché et l’opinion : réflexions sur le capitalisme financier ».
Janvier 2000 – Quel capitalisme ? Quelle critique du capitalisme ?
Olivier Mongin, « Introduction : Face aux nouveaux “maîtres du monde”, que faire du capitalisme ? ».
Daniel Cohen, « La polyvalence dans le travail est-elle toxique ? ».
Jean-Joseph Goux, « L’argent, valeur sans fondement. Une lecture des Nourritures terrestres, d’André Gide ».
Paul Virilio, « Les illusions du temps zéro ».
Olivier Mongin, « Les révolutions du temps. À propos de Manuel Castells, Daniel Cohen, André Orléan et quelques autres ».
Bernard Perret, « Contester le capitalisme ou résister à la société de marché ? Autour du Nouvel Esprit du capitalisme, de Luc Boltanski et Ève Chiapello ».
Bernard Levasseur, « Le capitalisme est-il réformable ? ».
Muriel Rouyer, « L’économie peut-elle être rationnelle ? À propos d’Albert O. Hirschman ».
Novembre 1998 – Peut-on réguler le capitalisme ?
Éric Maurin et Dominique Goux, « La nouvelle condition ouvrière ».
Pierre-Noël Giraud, « Pas de politique économique sans débat public ».
Olivier Mongin, « Du capitalisme fordiste au capitalisme patrimonial ».
Michel Aglietta, « Nouveau régime de croissance et progrès social » (entretien).
Nicolas Bouleau, « Les réticences de l’opinion envers la finance » (article disponible en ligne).
Jean-Joseph Goux, « La double révolution esthétique et économique de 1870 ».
Août-septembre 1998 – Les œillères de la Banque mondiale et du Fmi
Béatrice Hibou, « Banque mondiale : les méfaits du catéchisme économique ».
Lucile Schmid, « L’Algérie et le Fonds monétaire international ».
Annie Cordet-Dupouy et Vincent Falcoz, « La Banque mondiale et les changements à l’Est ».
Jean-Pierre Landau, « Premières leçons de la crise asiatique ».
Mai 1998 – Les économies du chaos
Olivier Mongin, « Ce que nous apprennent les krachs financiers ».
Lester Thurow, « La crise financière asiatique : un regard américain ».
Jean-Philippe Béja, « En Chine, le virage économique entraînera-t-il la démocratisation ? ».
Romain Bertrand, « La politique du Fmi et l’Indonésie de Suharto ».
Javier Santiso, « Temps des États, temps des marchés : retour sur la crise financière mexicaine ».
- 1.
Cela représente 13, 6 % du Pib européen. Si l’on ajoute au plan Paulson les nationalisations de Freddie Mac et Fannie Mae, de l’assureur American International Group (Aig), le soutien aux fonds monétaires et les garanties de la Fed au rachat de Bear Stearns, le plan de sauvetage financier américain approche les 1 200 milliards de dollars, soit 8 % du Pib, voir « Un plan européen dépassant 1 700 milliards d’euros », Le Figaro, mardi 14 octobre 2008.
- 2.
Pierre Cailleteau et Gilles de Margerie, la Fin du premier âge de la finance de marché, Paris, En temps réel, juillet 2008 (« Les cahiers, no 35 »).
- 3.
« La revanche de Keynes », Le Monde, 2 octobre 2008.
- 4.
Philippe Frémeaux, « Lendemains de fête », Alternatives économiques, octobre 2008.
- 5.
Rawi Abdelal, Capital Rules. The Construction of Global Finance, Cambridge, Harvard University Press, 2007.
- 6.
André Orléan, « L’aveugement au désastre. Le cas des crises financières », Esprit, mars-avril 2008.
- 7.
Voir André Orléan, « L’individu, le marché et l’opinion : réflexions sur le capitalisme financier », Esprit, novembre 2000.
- 8.
Voir son entretien dans Esprit : « Nouveau régime de croissance et progrès social », novembre 1998 et son ouvrage Régulation et crises du capitalisme, Paris, Odile Jacob, 1997 ; voir aussi (avec Laurent Berrebi), Désordre dans le capitalisme mondial, Paris, Odile Jacob, 2007.
- 9.
Le texte considéré comme fondateur du courant néolibéral, longtemps inaccessible, a été réédité en 2008 avec une très substantielle préface de Serge Audier : le Colloque Lippmann. Aux origines du néolibéralisme, Latresne, Éditions Le Bord de l’eau, 2008.
- 10.
Renaud Epstein, « Gouverner à distance. Quand l’État se retire des territoires », Esprit, novembre 2005.
- 11.
R. Epstein, « Gouverner à distance. Quand l’État se retire des territoires », art. cité, p. 97.