Obama, de Chicago à Washington
Les deux précédents présidents démocrates, Jimmy Carter et Bill Clinton, venaient du Sud, offrant une indispensable conciliation entre l’Amérique profonde et les idéaux démocrates. Obama, lui, vient du Nord, d’une ville libérale qui n’a jamais envoyé un des siens à la Maison-Blanche. Quelle est la synthèse politique issue du laboratoire de Chicago ?
Grant Park, 4 novembre 2008, 23 heures : « Hello, Chicago1 ! » Jamais Chicago n’avait jusqu’alors envoyé un de ses élus à la Maison-Blanche2. Une première de plus pour une élection qui en compte beaucoup. Si Chicago était depuis longtemps la capitale de la classe politique noire aux États-Unis, elle fut ce soir-là le centre de la politique américaine, symbole bien sûr de l’accession d’un Noir à la fonction suprême mais surtout d’un subtil déplacement qu’Obama sut opérer pour s’émanciper des luttes raciales qui divisent son pays et inviter à les dépasser.
Son implantation politique à Chicago, par l’intermédiaire de son action sociale de développement communautaire et de son mariage, fait partie d’une dialectique fine d’ancrage local – dont avait besoin cet enfant cosmopolite qui n’est pas lié par son histoire familiale ni au souvenir de l’esclavage ni aux luttes pour les droits civiques – et d’émancipation vis-à-vis de la communauté noire. Alors qu’il fait ses études sur la côte Est (Columbia et Harvard), il vient à Chicago de 1985 à 1988, engagé comme travailleur social. En 1992, il organise avec succès une vaste campagne d’inscription sur les listes électorales qui le met en contact avec l’ensemble de la classe politique locale. Il est ensuite engagé par un cabinet d’avocat pour lequel il plaide de nombreuses affaires liées aux droits civiques tout en donnant des cours de droit constitutionnel à l’université. En 1996, il est élu au sénat de l’Illinois. Il connaît en 2000 une sévère défaite lors du choix du candidat démocrate pour la chambre des représentants, qui lui fait comprendre que son profil s’adresse à un électorat mélangé plutôt qu’à une base communautaire. Il est envoyé à Washington en 2004 comme sénateur.
La rapidité de ce parcours s’explique aussi bien par les talents politiques d’Obama que par la nécessité pour lui d’avancer dans sa carrière le plus rapidement possible, afin de ne pas le laisser capturer par une vie politique locale particulièrement brutale, fermée et corrompue3. Ce mouvement à double sens, par lequel il faut s’enraciner dans un territoire puis apprendre à s’en défaire sans jamais le renier, est une histoire américaine, un récit comme en racontent romanciers et cinéastes et auquel tous peuvent s’identifier4. Le parcours d’Obama, tout cosmopolite et singulier qu’il soit, parle donc à l’imaginaire américain, de même que Chicago est une ville centrale dans cet imaginaire :
Au cœur du cœur des terres – au carrefour exact des deux grands axes qui mènent, l’un d’est en ouest par la passe des Rocheuses, l’autre, le long du Mississippi, du nord jusqu’au Golfe du Mexique – Chicago au nom indien autochtone, est la vraie ville américaine, « peut-être, dit Norman Mailer, la dernière vraie ville américaine », et occupe à ce titre une place toute spéciale dans l’imaginaire de la nation5.
En quoi cet ancrage local à Chicago a-t-il marqué un parcours personnel et en quoi celui-ci a-t-il pu rejoindre l’expression d’un rêve américain ?
Un succès du melting-pot
La force de l’imaginaire fut, dans l’alchimie de campagne, l’ingrédient permettant de dépasser, dans un appel à une « Union plus parfaite6 », une stratégie d’addition des catégories électorales. Certes, l’analyse rétrospective du vote permet de faire ressortir les caractéristiques de l’électorat d’Obama : il a réalisé ses meilleures performances auprès des Noirs7, des femmes, des électeurs indépendants, des modérés, des hispaniques, des catholiques (15 points de plus que John Kerry en 2004), des électeurs les plus diplômés, des salariés syndiqués et des moins de 45 ans (les moins de 30 ans ont voté à 67 % pour Obama). Les nouveaux inscrits lui ont aussi largement accordé leurs voix. Il a réussi à attirer davantage le vote des Blancs que ne l’avaient fait John Kerry (2004) et Al Gore (2000). Bref, il a capté le vote de la base démocrate traditionnelle tout en trouvant la voie pour convaincre les non-votants, les hésitants, les modérés, les salariés victimes de la crise8. La première victoire d’Obama est d’avoir réussi à mobiliser l’électorat de manière spectaculaire pour cette élection, atteignant le taux de participation le plus élevé depuis un siècle. À l’encontre des analyses électorales qui considèrent l’abstention comme un phénomène structurel qui s’expliquerait par la lente mais inexorable dépolitisation des démocraties avancées, le vote de 2008 rappelle la possibilité d’un autre scénario. Certes, tous les partis ressentent plus ou moins fortement la fin de leur situation de rente : ils ne peuvent plus compter sur des électorats captifs ou des clientèles. Dans ce contexte, le premier travail d’un candidat est de marquer l’enjeu d’une élection en tout début de campagne et d’imaginer de nouvelles formes d’implication des militants dans la campagne (incluant les nouvelles technologies et internet). Ce qui explique l’abstention, ce n’est pas l’irresponsabilité des électeurs, l’apathie de la jeunesse ni toute autre variante du « désenchantement démocratique », mais l’incapacité des candidats à dramatiser le sens de l’élection, à l’exposer au public, à saisir la dramaturgie du moment9.
Obama a rassemblé les électeurs démocrates, mobilisé les hésitants et, last but not least, réussi à gagner une part de l’électorat républicain, en particulier les classes moyennes des périphéries urbaines riches des grandes villes du Sud et du Nord-Est touchées de plein fouet par la crise économique (Obama a gagné 19 points par rapport à Kerry auprès des électeurs de banlieue).
Au rebours des apparences, c’est en effet le facteur économique qui semble finalement avoir fait l’élection10 : Obama a définitivement consolidé son avance le 15 septembre, jour de la faillite de Lehman Brothers, quand les préoccupations économiques ont pris le dessus chez la majorité des électeurs qui auraient pu voter en fonction d’un préjugé racial. La fonte de la valeur des propriétés et des pensions de retraite ont eu raison de la « guerre des cultures » qui tient le devant de la scène politique depuis 1995, quand les républicains sont devenus majoritaires à la Chambre des représentants contre Bill Clinton. Cette prévalence des « valeurs » dans les argumentaires a donné lieu à un vaste débat sur les raisons de l’éclipse des arguments économiques dans les campagnes électorales. En un mot, « qu’est-ce qui cloche au Kansas11 ? » : pourquoi les électeurs des petites classes moyennes donnent-ils le pouvoir à des républicains qui, explicitement, défendent les intérêts des superprivilégiés ? Comment peuvent-ils à ce point perdre de vue leur sécurité matérielle, accorder leur confiance à des programmes qui sont responsables de la stagnation de leur pouvoir d’achat ? Les arguments moraux et religieux peuvent-ils à ce point prévaloir sur la justice sociale ? La victoire d’Obama donne une réponse (temporaire ?) à ce débat : l’ampleur de la crise économique a renversé l’ordre des priorités. Obama a pu marteler un de ses arguments centraux : la « théorie » selon laquelle la richesse d’en haut « ruisselle » sur les classes moyennes et bénéficie finalement à tout le monde est réfutée par la crise actuelle. On a pu voir en fin de campagne des bastions républicains afficher cette inscription : « Les beaufs du Sud pour Obama : même nous, on en a plein le dos12 ! »
Opportunity : réussite personnelle ou promotion sociale ?
Ce n’est donc pas la grille des origines qui explique la victoire démocrate mais bien la capacité à capter le malaise des classes moyennes et même leur sentiment de révolte. Plus exactement, c’est le croisement maîtrisé des questions sociales avec celle des origines qui a placé Obama au cœur de l’échiquier politique13. Or, Chicago est précisément la ville qui condense le plus clairement aux États-Unis ce mouvement croisé :
Le climat social à Chicago est depuis longtemps houleux. […] Après la guerre civile, la formidable énergie déployée dans la croisade contre l’esclavage est réinvestie dans la lutte contre cette autre forme d’esclavage qu’est l’exploitation des travailleurs14.
Le déplacement des anciens esclaves, émancipés, vers le Nord les conduit dans les usines de Chicago, qui devient la capitale du monde ouvrier. Symbole de la créativité culturelle de ce melting-pot, les Noirs de la Nouvelle-Orléans arrivent avec leurs orchestres de jazz qui commencent à conquérir le Nord tandis que le blues plaintif et rustique du Mississippi prend des tonalités inédites, urbaines, électriques qui ouvriront la voie au rock’n’roll. Simultanément, de nouvelles populations venues de l’ancien monde continuent d’affluer, notamment des Allemands qui marquent la forme locale du syndicalisme. À Chicago, laboratoire d’une nouvelle Amérique, se nouent donc questions sociales, migratoires et raciales.
C’est dans cet observatoire social privilégié qu’est née « l’École de Chicago », cette école sociologique qui parvient à se détacher de l’idée que l’expérience urbaine moderne dissout les liens sociaux, défaisant les cadres traditionnels des « communautés » et se propose plutôt d’y observer « le jeu que donnent à l’individu dans la société la dislocation en plusieurs lieux et l’exposition à un espace urbain socialement hétérogène15 ». Plutôt que de penser que la ville produit mécaniquement des situations de désaffiliation, les enquêtes lancées notamment par Robert Ezra Park valorisent la multitude des contacts et la mobilité, le passage d’un rôle à l’autre.
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’engagement social d’Obama à Chicago : il ne s’agit pas de se consacrer à sa « communauté » au sens où il aurait voulu être un « leader noir » à la Jesse Jackson. Obama, tout juste diplômé de Columbia, répond à 24 ans, en 1985, à une annonce lancée par une organisation cherchant un community organizer pour le South Side de Chicago. Cette organisation est animée par des disciples de Saul Alinsky, le père fondateur d’une méthode de développement social visant à aider les habitants d’un quartier défavorisé à faire valoir leurs droits16. Obama ne mentionne pas directement Alinsky dans son livre de mémoires, les Rêves de mon père (contrairement à… Hillary Clinton, qui lui a consacré son mémoire, non publié, de fin d’études17 !) mais il a bien appris et appliqué la « méthode Alinsky » à cette occasion. Celle-ci vise à faire prendre conscience aux populations pauvres de leur propre pouvoir, à les aider à s’organiser pour défendre leurs intérêts propres, et non leur accorder une compassion bien-pensante. La tradition du travail social à Chicago valorise donc l’empowerment, la capacité des individus de saisir des occasions, d’où l’insistance sur l’« opportunity18 » qui ne renvoie pas à la réussite individuelle mais à une manière collective d’envisager la promotion sociale. L’opportunity est une valeur collective, sociale et non l’éloge sans frein de l’avidité célébrée par les Chicago Boys, ces autres enfants de la grande ville du Nord, ces chantres libertariens de l’économie néoclassique dont la crise financière de l’automne a sanctionné l’échec.
Une telle conception du travail social peut renvoyer à l’imaginaire du patriotisme lui-même :
Dans l’histoire américaine, l’identité nationale n’est pas fondée sur l’enracinement dans une « communauté », mais au contraire sur l’arrachement – sur l’amnésie, dans une certaine mesure : sur le baptême de l’amnésie –, sur l’inscription dans une trajectoire dynamique. Être « Américain » n’est pas quelque chose dont on hérite, mais un projet à réaliser. Il faut se souvenir de cette définition dynamique de l’identité nationale pour comprendre comment – pour l’école de sociologie de Chicago dans les années 1920 – ce qu’on appellerait ailleurs fragmentation, dislocation, désarroi anomique, se voit affecté d’un signe positif19.
Réciproquement, cela permet aussi de comprendre comment on peut, d’un mouvement continu, passer du travail social dans les quartiers difficiles de Chicago au discours rassembleur adressé à toute l’Amérique. C’est pourquoi on peut dire que Barack Obama a réussi à dépasser une approche particulariste, une stratégie électoraliste ciblant des segments de la population à juxtaposer une à une. Il s’est situé de plain-pied, avec un bel art oratoire, dans la grande tradition du patriotisme américain, sous l’invocation rassurante des Pères fondateurs, un discours unanimiste qu’il était d’autant plus facile de réactiver après huit années d’un gouvernement Bush qui avait abusé de la rhétorique de la guerre culturelle dans un pays divisé.
Fractures américaines
Cette élection montre à quel point on a eu tort de prendre en France les politiques de promotion active comme des formes d’enfermement « communautaire ». Ces politiques ont bien sûr fait l’objet d’un débat intense aux États-Unis et en Europe. Dès les années 1970, une partie des démocrates les associe aux formes extrêmes du radicalisme des années 1960 : la critique qu’ils en font marque même la naissance du courant néoconservateur20. Moralement injustes (elles contredisent la philosophie du mérite personnel), socialement inefficaces (les Noirs subissent encore largement les inégalités sociales), politiquement chimériques (la promotion de minorités ne peut susciter l’adhésion d’une majorité), les politiques de promotion active ont été chargées de tous les maux. En France, sans être appliquées ni même très bien comprises, leur échec a longtemps été tenu pour évident. Dans la vivacité de ce débat, le discours antiraciste a même été considéré comme le comble de l’irresponsabilité politique et de l’hypocrise morale : renoncement à l’idéal d’intégration « républicain », il aurait accéléré la dissolution du lien social qu’il prétendait restaurer.
Si le débat a été si mal mené, c’est en partie parce qu’il reste difficile à trancher, voire insoluble : il faudrait en effet pouvoir apporter, en plus d’éléments attestant du bienfait collectif apporté par la promotion délibérée de quelques-uns21, une preuve contre-factuelle, à savoir répondre à la question : « Où les États-Unis en seraient-ils aujourd’hui si une volonté sérieuse, conséquente et raisonnable de promotion active n’avait pas existé ? » Rien ne permet de démontrer que l’élection d’Obama tranche en faveur d’une telle politique : lui-même a rappelé l’amertume légitime que pouvait ressentir une part des classes moyennes blanches22 et il est resté très prudent, comme sur tant d’autres sujets, sur le fait de savoir si lui-même avait directement bénéficié d’un tel dispositif pour son parcours universitaire. Mais il est incontestable que les électeurs Obama ont compris son élection comme l’attestation que la promesse d’égalité américaine ne reste pas un songe creux ou une invocation abstraite. Nous devrions admettre qu’elle ne peut non plus, comme on le croit trop facilement en France, se traduire par des mesures cosmétiques venues d’en haut, d’une politique d’image ou d’affichage. Il s’agit bien d’un projet de société, accordant les actes aux discours, allant de l’école maternelle jusqu’au déroulement des carrières professionnelles, impliquant une réflexion tant sur les inégalités territoriales que sur les transformations des parcours de vie.
Comprise ainsi, cette élection montre la vivacité de la vie démocratique américaine, la capacité de mobilisation qui y demeure. Elle manifeste aussi publiquement les effets d’un travail souterrain de promotion active dont la légitimité sera sans doute moins contestée même si ses modalités peuvent encore évoluer. Mais cette élection ne représente qu’un moment dans une histoire politique tumultueuse. La société américaine reste traversée de fortes divisions et ses réserves de violence sont réelles : la rhétorique belliciste a imprégné le pays pendant les deux derniers mandats, le radicalisme conservateur ne désarmera sans doute pas (ni au propre ni au figuré) et le choc en retour des deux guerres longues et éprouvantes – qui, quel que soit le scénario de sortie que trouvera le nouveau président, n’auront pas de happy end – se traduira d’une manière ou d’une autre aux quatre coins du pays.
- *.
Voir un précédent article : « La culture politique américaine, au singulier et au pluriel », Esprit, août-septembre 2004.
- 1.
Cette interpellation initiale, seule concession d’Obama à l’euphorie de la soirée, n’est pas reprise sur la vidéo du site officiel du candidat ni dans la transcription de son discours.
- 2.
Merci à Pap Ndiaye de cette information, donnée à la matinée électorale organisée par le Centre d’études américaines le 5 novembre à l’Ehess. Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis, était député de l’Illinois, mais d’une bourgade rurale du Sud, Springfield.
- 3.
Ryan Lizza, “Making it. How Chicago shaped Obama”, The New Yorker, 21 juillet 2008.
- 4.
Voir par exemple dans la rubrique « librairie » du présent numéro le compte rendu du dernier roman de Joyce Carol Oates par Sylvie Bressler.
- 5.
Pierre-Yves Pétillon, « Ô ! Chicago : images de la ville en chantier », dans Citoyenneté et urbanité, Paris, éditions Esprit, 1991.
- 6.
Titre du discours prononcé le 18 mars 2008 à Philadelphie, dans lequel le candidat Obama a pris de front la question raciale, et qui a assis sa crédibilité pour la suite de la campagne.
- 7.
L’électorat noir a voté à 90 % pour Gore en 2000, 88 % pour Kerry en 2004 et 95 % pour Obama en 2008. Cet électorat représentait 18, 9 % des électeurs de Gore, 22, 1 % des électeurs de Kerry et 23 % des électeurs d’Obama.
- 8.
“Melting-pot was pivotal for Obama’s success, polls show”, The New York Times, 6 novembre 2008.
- 9.
Voir Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Paris, Flammarion, 1996.
- 10.
L’historien Denis Lacorne a parlé d’une « révolte des classes moyennes » pour expliquer l’élection d’Obama : « Barack Obama, briseur de stéréotypes », Le Monde, 7 novembre 2008 : « Les classes moyennes ont abandonné le Parti républicain pour exprimer leur mécontentement face à huit ans de bushisme. Huit années marquées par des salaires stagnants, la découverte choquante d’inégalités croissantes entre classe moyenne et super-riches et les conséquences immédiates du krach de Wall Street. »
- 11.
Thomas Frank, What’s the Matter with Kansas? How Conservatives Won the Heart of America, Metropolitan Books, 2004, trad. fr. sous le titre Pourquoi les pauvres votent à droite, éditions Agone, 2008. Pour une discussion sur ce livre et le débat américain dans lequel il s’inscrit, voir Marie Garau, « Enquête sur le mystère des Grandes Plaines », La Vie des idées, juillet-août 2005 et Michael Behrent, « Le retour des classes sociales », www.laviedesidees.fr
- 12.
“Rednecks for Obama, even we’ve had enough”, rapporté dans “Candidate had a plan and never wavered”, The New York Times, 6 novembre 2008.
- 13.
Voir l’article de Sylvie Laurent : « Barack Obama peut-il séduire la classe laborieuse blanche ? », Esprit, octobre 2008.
- 14.
P.-Y. Pétillon, « Ô ! Chicago : images de la ville en chantier », art. cité, p. 129.
- 15.
P.-Y. Pétillon, « Ô ! Chicago : images de la ville en chantier », art. cité, p. 133.
- 16.
Le livre de référence de Saul Alinsky a été traduit en français aux éditions du Seuil dans la collection « Esprit » en 1976 sous le titre Manuel de l’animateur social : une action directe non violente. Plus largement, sur la conception du social aux États-Unis et sa comparaison avec la France, voir Jacques Donzelot, Catherine Mével et Anne Wyvekens, Faire société. La politique de la ville aux États-Unis et en France, Paris, Le Seuil, 2003.
- 17.
Voir Michael Behrent, « Saul Alinsky, la campagne présidentielle et l’histoire de la gauche américaine », www.laviedesidees.fr
- 18.
On peut traduire opportunity, dans ce sens fort, aussi bien « occasion à saisir » qu’« égalité des chances ». À Chicago, Obama a célébré « le pouvoir persistant de nos idéaux : “democracy, liberty, opportunity and unyielding hope” » (la démocratie, la liberté, l’égalité des chances et un espoir inébranlable).
- 19.
P.-Y. Pétillon, « Ô ! Chicago : images de la ville en chantier », art. cité, p. 139.
- 20.
Voir Justin Vaïsse, Histoire du néoconservatisme aux États-Unis. Le triomphe de l’idéologie, Paris, Odile Jacob, 2008.
- 21.
Voir les travaux de Daniel Sabbagh, en particulier l’Égalité par le droit. Les paradoxes de la discrimination active aux États-Unis, Paris, Economica, 2003.
- 22.
Dans son discours de Philadelphie déjà cité.