Par Louis Janmot   www.artrenewal.org/asp/database/art.asp?aid=959, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4160917
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« Laisse la nature s’épanouir »

Poétique du sauvage

De Philippe Jaccottet à Gary Snyder, une certaine poétique contemporaine lie l’éclosion du sens dans le poème à celle du monde, renouvelant l’un des motifs les plus anciens de la poésie, et dévoilant le fondement poétique du geste écologique


« Voilà de manière très extraordinaire, réunis en si peu de mots, les deux messagers privilégiés de la poésie : les oiseaux, et l’eau vive1 », écrit Philippe Jaccottet dans l’une de ses deux œuvres-testaments, La Clarté Notre-Dame.

Singulière affirmation qui semble préciser le fragment de Virginia Woolf à laquelle le poète emprunte le titre d’un autre de ses recueils, Une transaction secrète. Un hommage à l’Orlando de la romancière : « Écrire de la poésie, n’était-ce pas une transaction secrète, une voix répondant à une autre voix2 ? »

Cette voix, sans doute, demeure indistincte. Et ni l’un ni l’autre n’en donne de définition précise. « Entrevision », trace entraperçue qui fait signe, soudain, avant de se retirer3. Pourtant, le poète nomme là, au crépuscule de son œuvre, une dimension qui la constitue sans jamais y être peut-être aussi précisément désignée. Car il assigne ici à ces messagers « de verdure » deux identités tout à fait privilégiées parmi tous les motifs naturels qui composent son œuvre, traversée de vergers et de semaisons. Celle des oiseaux, donc. Du merle qui, entendu un soir d’hiver aux Tuileries, « met de l’ordre », comme il l’écrit déjà en 1952, à « L’effraie », qui donne son nom au recueil paru l’année suivante4. Et celle de l’eau vive, que l’on ne peut enclore ni saisir, qui est là et cependant déjà dérobée.

Comment comprendre le poète ? Dans ce texte contemporain de 2021, comment interpréter la réaffirmation d’un tel don, d’une telle voix ? Une voix qui renoue non seulement avec une idée lyrique de l’écriture poétique mais aussi avec sa veine pastorale5. Car c’est bien ici la reconnaissance d’un « jaillissement de sens6  » dans la nature qui semble s’esquisser sous la plume de Jaccottet. C’est la nature, si souvent désunie du poème par les Modernes, qui se trouve réaffirmée comme essentielle à la poésie. Ou, plus exactement, comme son lieu de passage privilégié.

En écho, une autre voix. Une voix qui, aux « entrevisions » du poète de Grignan, substitue une attention plus active sans doute à ce qu’il nomme, inscrit dans la tradition américaine qu’il irrigue de bouddhisme zen, la « nature sauvage ». Gary Snyder. Arpenteur, penseur et poète de la nature ; militant écologiste aussi. Figure incandescente de la poésie d’outre-Atlantique contemporaine et qui traversa le xxe siècle et ses mouvements littéraires avec une extraordinaire constance de thèmes et de ton. Car son œuvre poétique comme théorique – bien qu’il n’accepterait sans doute pas ce mot, lui qui appelle à une « pratique » de la pensée – ne cesse de réaffirmer une filiation avec les grands écrits de la wilderness. Une voix qui, en ce sens, semble avoir peu en commun avec la poétique de l’écrivain romand. Qui s’inscrit en tout cas au sein d’une autre tradition d’écriture. Seule peut-être une attention commune aux haikus auxquels l’un et l’autre, bien que là encore très différemment, font une place tout à fait essentielle. Gary Snyder qui, cependant, appelle lui aussi à arpenter les lieux plutôt qu’à se déplacer. Qui invite à un « enracinement » sensible (comme en lecteur secret de Simone Weil). Qui chante les épiphanies du monde sauvage et rend indistinctes nature et poésie.

Gary Snyder qui ouvre l’un de ses recueils d’essais, Le Sens des lieux, par une expression toute d’épure et de simplicité : « Laisse la nature s’épanouir. » Sous sa plume, l’expression a bien sûr un sens écologique. Pas seulement lyrique. En confère son association avec le « principe bouddhiste » « nuis le moins possible »7. Toutefois, ce qui paraît fécond ici tient précisément à la manière dont la portée écologique de cette expression s’enracine secrètement dans la transaction woolfienne. C’est dire encore combien un fondement poétique du geste écologique s’y dévoile. Car si on peut sans doute lire cette expression suivant une perspective écologique stricte, elle est aussi particulièrement riche de sens envisagée poétiquement. Quelque chose s’y dit d’un certain projet poétique contemporain. Celui qui, aux antipodes des poèmes promouvant la clôture de sens, enracine l’éclosion poétique dans celle du monde8. Et celle, sensible et sensée, qui a lieu dans la nature de manière tout à fait première. C’est cette imbrication que semble esquisser, au long cours, Gary Snyder, pour lequel la « pratique sauvage » est indistinctement l’espace d’une préservation de la nature et une expérience existentielle, poétique. Une alliance qu’il symbolise par l’image du bassin-versant, faisant résonner celles d’embouchure, de confluence : ce lieu où deux cours d’eau vive se rejoignent.

Un certain projet poétique contemporain, aux antipodes des poèmes promouvant la clôture de sens, enracine l’éclosion poétique dans celle du monde.

Ce sont ces confluences, entre poésie et nature, entre sens et sensible, entre être poétique et écologie, qui forment le cœur de ce texte.

Je voudrais, cependant, dire un mot de ce mouvement. Et préciser qu’il ne s’agit là aucunement de renoncer à l’engagement (Gary Snyder est, depuis toujours, un militant écologiste). Tout à fait différemment, je tenterai seulement ici de penser le « souci de la nature » depuis un autre lieu, plus discret, sans doute plus vulnérable, marqué de l’incertitude des écrits qui nous y conduisent et qui ne cessent de répéter ce doute mais qui, peut-être, ouvrent aussi à une écologie au sein de laquelle la préservation de la nature ne s’opère pas seulement à la faveur d’une action portée sur la nature, mais témoigne d’une autre présence en son sein. Et en ce sens, lorsque Gary Snyder se définit comme un « défenseur de l’espace sauvage 9  », je tenterai de comprendre cette proposition de manière extensive. En tentant de faire droit à la pluralité de cette défense.

Se retirer dans la nature

« Il y a une Totalité à laquelle il nous arrive d’avoir part10. »

« Laisse la nature s’épanouir. » L’expression de Gary Snyder consonne d’abord avec le champ poétique par le retrait qu’elle défend. Comme en écho à la poétique de « l’effacement11  » de Jaccottet.

Le fragment, écologiquement, se lit ainsi : il convient de cesser une action destructrice portée sur la nature, de se retirer de ce régime d’action. Toutefois, l’expression paraît contenir une doublure sous-jacente, poétique, au sein de laquelle le retrait revêt un autre sens. Celui d’un retrait dans la nature, en elle12. Une dimension dans laquelle s’enracine le souci écologique dès ses commencements. C’est là, par exemple, l’ouverture d’Histoire d’une montagne, précis de géographie et d’écologie sensible signé par Élisée Reclus en 1880 : « J’étais triste, abattu, las de la vie. […] Je voulais à tout prix m’échapper, soit pour mourir, soit pour retrouver, dans la solitude, ma force et le calme de mon esprit. Sans trop savoir où me conduisaient mes pas, j’étais sorti de la ville bruyante, et je me dirigeais vers les grandes montagnes dont je voyais le profil denteler le bout de l’horizon. Je marchais devant moi, suivant les chemins de traverse […] je cheminais solitaire, j’écoutais avec un plaisir mélancolique le chant des oiseaux, le murmure de la rivière et les mille rumeurs échappées des grands bois13. »

Le geste est partagé par Henry David Thoreau qui engage une retraite sur l’étang de Walden : un retrait du monde, un retrait en lui. Aussi, l’action écologiste s’est incarnée historiquement et trouve son origine dans une appartenance recouvrée. « Laisser la nature s’épanouir » ne revient alors pas à la laisser à elle-même, m’en séparant, mais, très différemment, à m’y intégrer de nouveau. À la rejoindre. Je la préserve en m’y réinscrivant comme habitant et non plus comme possesseur. Il en va là, pour reprendre des mots du philosophe Maurice Merleau-Ponty, de refaire droit à « un certain type de symbiose », « manière qu’a le dehors de nous envahir », « que nous avons de l’accueillir 14 ». Le retrait se fait accueil ; il ouvre à une autre habitation de la nature.

Dans la monographie qu’il consacre à Rainer Maria Rilke, Jaccottet a ces mots, superbes, sur le mouvement et l’immobilité, en distinguant deux sens. Il écrit : « Pour Rilke comme naguère pour Hölderlin, il y a une bonne et une mauvaise immobilité, un mouvement bon et un autre mauvais. La mauvaise immobilité, c’est le figement des définitions, des doctrines, des dogmes (par quoi le Divin se corrompt) ; le mauvais mouvement, c’est la hâte, l’agitation vaine, la dispersion qui égarent loin de son centre l’homme moderne. La bonne immobilité, c’est la patience, l’attente, l’ouverture, le bon mouvement, ou le mouvement pur, c’est l’élan désintéressé, sans but (Rilke dira plus tard le risque) qui met en rapport le proche et le lointain15. » De même, poétiquement, le retrait vaut ici comme une ouverture. Il se fait non seulement acte de préservation, mais aussi « état d’accueillement16  ».

L’écriture de la nature17

 

« Je marchais ; je voyais, non pas la nature, mais les visions qu’elle m’inspirait18… »

 

« Laisse la nature s’épanouir. » Le fragment de Gary Snyder contient encore cette reconnaissance secrète : celle d’un épanouissement sensé. D’un monde bruissant de sens19. Ce qui, chez Jaccottet, conduit à la composition du poème. Dans De la poésie, il écrit : « vraiment, le point d’origine du vrai poème n’est pas l’intentionnalité », c’est « comme si je laissais les mots aller à travers moi »20. Et le poétique, alors, n’est pas seulement le poème, mais une dimension de la nature elle-même. Une éclosion qui a lieu en son sein. Gary Snyder parle de « grammaires fauves », prose sauvage du monde21 que le langage poétique viendrait recueillir et faire affleurer. C’est encore Reclus qui décrit un mouvement de pénétration sensible et sensée : « Peu à peu, sous l’influence du temps et de la nature […] je ne me promenais plus seulement pour échapper à mes souvenirs, mais aussi pour me laisser pénétrer par les impressions du milieu et pour en jouir comme à l’insu de moi-même22.  »

L’expression de Gary Snyder s’enrichit d’un second sens poétique. « Laisser la nature s’épanouir », c’est aussi la laisser délivrer du sens. Ce que semble désigner Jaccottet lorsqu’il note que « la difficulté n’est pas d’écrire, mais de vivre de telle manière que l’écrit naisse naturellement23  ». C’est dire encore, non dans « l’attention volontaire24  », mais dans un état de disponibilité qui permet cette ouverture de sens. Outre les oiseaux et l’eau vive, son poème « Le cerisier » est sans doute l’un des témoignages les plus saisissants de cette éclosion. « Laisser la nature s’épanouir », c’est encore laisser poindre quelque chose qui vient d’elle, qui se tisse dans notre lien. C’est bien, usant encore d’une image empruntée à la nature, ce que désigne le poète lorsqu’il évoque métaphoriquement l’écriture poétique. Lui qui l’identifie à une barque sur une rivière, emportée par les remous et les courants, et qu’il viendrait seulement guider. Composant une œuvre poétique « plus réceptive que volontaire25  ».

Quant à cette éclosion, ceux que l’on nomme aujourd’hui « précurseurs de l’écologie » sont aussi précieux. Quelque chose apparaît en les lisant. Comme les rivières qu’ils décrivent, ils sortent de leur lit. Des lieux de leurs disciplines respectives : la philosophie (Thoreau), la géographie (Reclus), la botanique (John Muir). Et, à mesure qu’ils pratiquent leur discipline, une altérité y affleure. Autre chose semble s’imposer à eux. Une chose qui les déplace ou déplace la façon dont ils s’enracinent dans un domaine donné. Chacun à leur manière, les membres de ce trio viennent en effet déchirer leur discipline pour y intégrer autre chose, qui apparemment ne les concerne pas, pas en tout cas comme philosophe, géographe ou botaniste : l’écriture poétique. Pourquoi et comment, engagés dans leur étude, leur description ou leur relevé propre, cette écriture advient, s’impose à eux et s’imprime dans leurs recherches, y infléchit la ligne ? Puisque chacun d’eux intègre poèmes, références poétiques ou écriture métaphorique au sein de leurs travaux. Quelque chose d’autre cependant les réunit déjà. Ils ont en commun de porter leur regard sur la nature, de l’observer, de la scruter, de la décrire. Or, par différence avec d’autres « objets » d’étude, elle va les faire dévier. Va comme leur indiquer un chemin. Des voies de traverse. Et modifier leurs écrits. En infléchir en tout cas la ligne disciplinaire.

Un murmure de la nature, selon le mot de Jean-Claude Pinson, qui recompose enfin le motif de l’inspiration. Car aux dons pleins d’une nature grandiose se substitue ici un bruissement fugace. La nature n’est plus cette entité majestueuse qui délivrerait le poème, mais un lieu ouvert où le sens s’esquisse à peine. Où l’épanouissement se déploie plutôt comme un point de passage. « Dans ce flux, les choses ne sont plus que des signes à peine surgis qu’effacés, désignant moins des substances que des directions 26. » C’est pourquoi, sans doute, la poétique de Jaccottet s’attache à des motifs simples, l’herbe par exemple, ou « eaux dans l’herbe », qu’il restitue dans « une modestie éblouissante27 ». Car cette éclosion de sens est toujours déjà perdue, à l’image des eaux vives de ruisseaux regardées et déjà échappées.

Rapprocher le lointain

 

« L’éveil de la conscience est une autre dimension de l’être sauvage28. »

 

« Laisse la nature s’épanouir. » Dans Le Sens des lieux, Gary Snyder restitue l’étymologie du mot « écologie », rappelant qu’elle signifie « science du foyer 29  ». Il convient de le prendre au mot. Car au sein de ses écrits, le sauvage n’est pas seulement une dimension de la nature. C’est aussi pourquoi Thoreau, Reclus et Muir sont ici précieux : en cela qu’ils incarnent une manière de se rendre poreux, perméables. En cela qu’ils incarnent une manière de s’ouvrir, de laisser quelque chose faire fissure dans la fermeture d’une discipline.

Et il ne s’agit alors pas de resituer la nature à une place seconde, comme dans une incapacité du sujet contemporain à se décentrer et à faire droit à la nature sans se replacer dans un primat par rapport à elle, mettant une fois encore de côté la nature elle-même, et reléguant faune, flore, reliefs et vallées à un statut dérivé. Mais, tout à fait différemment, de penser la préservation du sauvage depuis un autre lieu, où la nature et l’individu se répondent30. Où appeler de ses vœux à un épanouissement de la nature équivaut (en constituant le pli) à défendre une ouverture sienne (une extimité, avec Renaud Barbaras).

Une dimension qui, de nouveau, témoigne d’une alliance secrète de la poésie et de l’écologie. Car semble là se lire Jaccottet, lecteur de Rilke et de l’espace intérieur au monde, qui décrit « ce mouvement de rapprocher, d’apprivoiser le lointain [qui] comport[er]ait toujours celui d’ouvrir à l’espace la chambre intérieure 31 ». Et, ici, comme pour Jaccottet, ce moment se déplie pour Rilke à partir du motif de l’oiseau : « Il se souvint de l’heure passée dans cet autre jardin, dans le Sud (à Capri) : un cri d’oiseau était là soudain, accordé au-dehors et en lui-même ; c’est-à-dire qu’il ne se réfracta pas aux limites du corps, qu’il concilia les deux directions en un espace ininterrompu où, mystérieusement protégée, ne persista qu’une tache de la plus pure, de la plus profonde conscience. Il avait alors fermé les yeux pour qu’une aussi noble expérience ne fût point dérangée par les contours de son corps, et l’infini le submergea de toute part avec une telle intimité qu’il put croire sentir dans sa poitrine le poids léger des étoiles qui venaient de se lever32. »

Une « épiphanie33 », un épanouissement de sens qui, pour le poète, est encore le moment d’une ouverture intérieure. Moment poétique sans poème, où nature et intimité résonnent, tissant deux défenses, deux épanouissements, distincts et cependant imbriqués.

  • 1. Philippe Jaccottet, La Clarté Notre-Dame, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2021, p. 43. Cet article est issu de ma thèse Poétique de Merleau-Ponty, dont il constitue un prolongement.
  • 2. P. Jaccottet, Une transaction secrète. Lectures de poésie, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1987, p. 7.
  • 3. Parmi tant d’évocations, voir P. Jaccottet, Œuvres, éd. José-Flore Tappy avec la collaboration d’Hervé Ferrage, Doris Jakubec et Jean Marc Sourdillon, préface de Fabio Pusterla, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2014, p. 49, p. 85, p. 253 et p. 341.
  • 4. Voir P. Jaccottet, À travers un verger [1975], La Semaison. Carnets 1954-1979 [1984], Cahier de verdure [1990] et, pour « le merle », Observations II, dans Œuvres, op. cit., p. 48 ; « L’Effraie », dans Œuvres, op. cit., p. 4.
  • 5. Voir Jean-Claude Pinson, Habiter en poète. Essai sur la poésie contemporaine, Ceyzérieu, Champ Vallon, 1995, et Pastoral. De la poésie comme écologie, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2020.
  • 6. P. Jaccottet nomme, dans Ponge, pâturages, prairies (Gouville-sur-Mer, Le Bruit du temps, 2015, p. 41), le « pur jailli » de Hölderlin.
  • 7. Gary Snyder, Le Sens des lieux. Éthique, esthétique et bassins-versants [1995], trad. Christophe Roncato Tounsi, Marseille, Wildproject, coll. « Domaine sauvage », 2018 : « Le vieux principe bouddhiste “Nuis le moins possible” et l’appel écologique implicite “Laisse la nature s’épanouir” s’associent. »
  • 8. Dans L’Entretien des muses. Chroniques de poésie (Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1968, p. 300), Jaccottet évoque une poésie contemporaine qui accueille « dans la parole une ampleur, une diversité, une intensité, une profondeur […] de réalité ».
  • 9. G. Snyder, La Pratique sauvage. Essais en liberté pour une nouvelle écologie [1990], trad. Olivier Delbard, Monaco, Éditions du Rocher, 1999, p. 10.
  • 10. Rainer Maria Rilke cité par P. Jaccottet, Rilke. Monographie, Paris, Seuil, coll. « Points poésie », 2006, p. 44 (fragment).
  • 11. P. Jaccottet, L’Ignorant [1958], dans Œuvres, op. cit., p. 161.
  • 12. Voir J.-C. Pinson, « Réfugiés dans la vie profonde », Pastoral, op. cit., p. 141-143.
  • 13. Élisée Reclus, Histoire d’une montagne [1880], préface de Joël Cornuault, Arles, Actes Sud, coll. « Babel », 1998, p. 15.
  • 14. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception [1945], Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1976, p. 373. Les mots « doublure » et « pli » lui sont aussi associés. Quant au lien entre « poétique » et « appartenance », voir Renaud Barbaras, Métaphysique du sentiment, Paris, Cerf, coll. « Passages », 2016 ; J.-C. Pinson, « Poésie et sentiment d’appartenance », Pastoral, op. cit., p. 20-22.
  • 15. P. Jaccottet, Rilke, op. cit., p. 38.
  • 16. P. Jaccottet, Observations 1951-1956, dans Œuvres, op. cit., p. 58.
  • 17. G. Snyder, La Pratique sauvage, op. cit., p. 88 : « L’Écriture de la Nature ».
  • 18. R. M. Rilke cité par P. Jaccottet, Rilke, op. cit., p. 56 (fragment).
  • 19. M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, op. cit., p. 223. Voir encore M. Merleau-Ponty, Le Monde sensible et le monde de l’expression. Cours au Collège de France. Notes, 1953, éd. Stefan Kristensen et Emmanuel de Saint Aubert, Genève, MētisPresses, coll. « ChampContrechamp », 2011. J.-C. Pinson, dans Vita poetica. Essai d’écopoéthique (Caen, Lurlure, 2023, p. 36) parle aussi d’un « murmure ».
  • 20. P. Jaccottet, De la poésie. Entretien avec Reynald André Chalard, Paris, Arléa, 2007, p. 36 et p. 66.
  • 21. G. Snyder, La Pratique sauvage, op. cit., p. 101 ; M. Merleau-Ponty, La Prose du monde [1969], éd. Claude Lefort, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1992.
  • 22. É. Reclus, Histoire d’une montagne, op. cit., p. 17-18.
  • 23. P. Jaccottet, La Semaison, dans Œuvres, op. cit., p. 649.
  • 24. P. Jaccottet, Observations II, dans ibid., p. 58 : « l’attention (toujours trop volontaire) ».
  • 25. Voir José-Flore Tappy, dans l’avant-propos aux Œuvres, op. cit., p. xi : « L’auteur a volontiers entretenu l’idée d’une œuvre écrite comme à son insu – de manière presque distraite et sans efforts, plus réceptive que volontaire –, comparant son travail à “une espèce de pilotage en rivière”, où la force du courant l’emporterait sur celle de l’intention ou sur l’acharnement. »
  • 26. P. Jaccottet, Rilke, op. cit., p. 141. R. Barbaras évoque cette idée de « point de passage » dans De l’être du phénomène. Sur l’ontologie de Merleau-Ponty [1991], Grenoble, Jérôme Millon, coll. « Krisis », 2001, p. 85.
  • 27. P. Jaccottet, La Promenade sous les arbres [1957], dans Œuvres, op. cit., p. 137.
  • 28. G. Snyder, La Pratique sauvage, op. cit., p. 11.
  • 29. G. Snyder, Le Sens des lieux, op. cit., p. 86.
  • 30. Voir J.-C. Pinson, Habiter en poète, op. cit.
  • 31. P. Jaccottet, L’Entretien des Muses, op. cit., p. 30.
  • 32. P. Jaccottet, Rilke, op. cit., p. 91-92.
  • 33. P. Jaccottet, De la poésie, op. cit., p. 55 (au pluriel).