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Photo : Josh Applegate
Dans le même numéro

D’un idéal de sainteté à un autre

Michel Foucault et la crise de l’Église

janv./févr. 2020

Les scandales récents au sein de l'Église révèlent le passage à une nouvelle stylistique de l'existence chez les catholiques : de la continence au mariage.

Au début de L’Usage des plaisirs, Michel Foucault déplace ­l’attention philosophique vers ce qu’il nomme la « problématisation » éthique : il ne s’agit plus de s’intéresser à l’évolution du permis et du défendu in abstracto (les actes homosexuels étaient-ils autorisés dans la Grèce antique ?), mais de comprendre comment et pour quelles raisons un problème moral précis est soudain abondamment traité (en l’occurrence : pourquoi, dans la Grèce classique, écrit-on de multiples traités sur l’amour spécifique entre un homme mûr et un jeune homme libre[1] ?). C’est un même déplacement qu’il faut tenter d’opérer à propos de la «  crise de l’Église  ». Quel problème spécifique désignons-nous par cette étiquette, et comment en sommes-nous venus à le poser de cette manière ?

Le péché des prêtres aujourd’hui

Il n’y a rien de nouveau à ce que des prêtres contreviennent à leur vœu de célibat d’une manière ou d’une autre, ni à ce que la hiérarchie ecclésiale ferme les yeux devant l’hypocrisie de ses plus hauts prélats. La singularité de notre présent consisterait plutôt dans un double paradoxe.

D’une part, le libéralisme sexuel est bon gré mal gré accepté dans la plupart des sociétés occidentales, y compris par des catholiques pratiquants (en témoigne par exemple la quasi-disparition de l’idée de virginité avant le sacrement de mariage). Pourtant, la tolérance à l’

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Maud Pouradier

Maître de conférences en esthétique et philosophie de l'art à l'université de Caen Normandie, elle a notamment publié Esthétique du répertoire musical (Presses universitaires de Rennes, 2013).

Dans le même numéro

L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.