© Musée Carnavalet / Roger-Viollet
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Éduquer à la laïcité ?

Ce n’est qu’assez récemment que la laïcité a fait son entrée dans les politiques éducatives. La volonté de développer cet enseignement semble largement partagée, mais cherche-t-on d’abord à enseigner un principe, ou à mieux en garantir l’application, dans un but disciplinaire ?

Le souhait d’éduquer à la laïcité semble faire consensus, tant dans le monde politique, au sein des débats publics qu’à l’Éducation nationale. Pourtant, il a une histoire récente. Ainsi, les programmes d’enseignement d’histoire et d’éducation civique ont, jusqu’aux années 1990, relativement peu abordé la laïcité. Cette évolution renvoie à une tendance globale des sociétés occidentales, qui consiste à « pédagogiser » les problèmes ou les questions de nature sociale, c’est-à-dire à les transférer aux systèmes éducatifs afin qu’ils les résolvent. Quelle est la généalogie de cette pédagogisation de la laïcité ? Quelles attentes, implicites ou explicites, la sous-tendent ?

Une volonté récente ?

Les années 1980 sont le moment d’un retour en force des valeurs civiques dans les politiques éducatives1. Les rapports sur l’enseignement de l’histoire en novembre 1983, sur l’instruction civique en novembre 1984 et sur l’école et l’immigration en août 1985 restent cependant très discrets sur l’éducation à la laïcit&eacut

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Ismaïl Ferhat

Ismaïl Ferhat est Maître de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne (ESPE d’Amiens), chercheur rattaché au laboratoire CAREF et membre de l'Observatoire de l'éducation.

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L’anthropologie du don de Marcel Hénaff, ainsi que son éthique de l’altérité et sa politique de la reconnaissance, permettent de penser les limites de la marchandisation, le lien entre les générations et les transformations urbaines. À lire aussi dans ce numéro : l’image selon Georges Didi-Huberman, l’enseignement de la littérature, la neuropédagogie, l’invention de l’hindouisme, l’urgence écologique et la forme poétique de Christian Prigent.