Alaa Sanah, devenue le symbole des manifestations au Soudan (Lana H. Haroun @lana_hago / Twitter)
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Que peuvent les insurgées ?

Les femmes dans les révoltes populaires en Serbie, en Syrie et au Soudan

janv./févr. 2021

Les vagues de protestation politique qui s’élèvent actuellement au Moyen-Orient et en Europe sont le théâtre d’un engagement décisif des citoyennes. Trois militantes ou artistes partagent ici leur conception de ces mouvements, où la lutte des citoyens pour la démocratie est indissociable de celle des femmes pour leurs droits.

Les femmes occupent une place centrale dans les mouvements de révoltes populaires actuels, que ce soit en Algérie, au Soudan, en Biélorussie, ou dans d’autres régions encore. Pour autant, cette implication n’est pas entièrement nouvelle. Au début des années 1990, lors de l’éclatement de la Yougoslavie, Nataša Kandić, déjà dissidente sous Tito, est devenue la figure de proue de la lutte citoyenne contre la guerre et le nationalisme, récompensée par de nombreux prix et notamment une nomination au prix Nobel de la Paix en 2018. Maria Al Abdeh est directrice de l’association Women Now for Development (WND), fondée en juin 2012 par l’écrivaine Samar Yazbek, aujourd’hui exilée en France et figure majeure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad. Mayada Adil est réfugiée politique en France, aujourd’hui créatrice de mode et artiste, après avoir exercé la médecine au Soudan du Sud pendant la guerre. Hind Meddeb est réalisatrice et travaille actuellement à la réalisation d’un documentaire (Soudan, retiens les chants qui s’effondrent) sur la révolution et la lutte des Soudanais au quotidien pour une véritable transition démocratique.

Nataša Kandić, pourriez-vous revenir sur les ressorts de votre engagement ?

Nataša Kandić – Je faisais partie d’un petit groupe d’intellectuels qui organisait des événements publics contre la politique de guerre de la Serbie. En octobre 1991, nous avons fait circuler

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Mayada Adil

Réfugiée politique en France, Mayada Adil est créatrice de mode et artiste, après avoir exercé la médecine au Soudan du Sud pendant la guerre.

Maria Al Abdeh

Directrice de l’association Women Now for Development, fondée en juin 2012 par l’écrivaine Samar Yazbek, elle est aujourd’hui exilée en France et une figure majeure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad.

Nataša Kandić

Militante des droits de l’homme, elle a fondé et dirige le Humanitarian Law Center à Belgrade.

Hind Meddeb

Journaliste et réalisatrice, elle est notamment l'auteure des films documentaires Electro Chaâbi (IPS et Studio Masr, 2013), Tunisia Clash (2015) et Paris Stalingrad (avec Thim Naccache, 2019).

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».