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Dans le même numéro

« Le dernier des sentiments humains »

mars/avril 2016

#Divers

La colère est aussi une affaire d’écriture. Inaugurant la littérature occidentale (l’Iliade s’ouvre sur la colère d’Achille), le sentiment qu’il y a du scandale dans le monde a motivé bien des vocations d’écrivains et bon nombre de projets intellectuels. À l’image des grandes colères comme celles de Péguy, Bloy, Bernanos, Nizan, Vidal-Naquet, Césaire ou Clavel, la volonté d’indépendance et la liberté de parole sous-tendent aussi l’histoire des revues en France, qu’elles soient littéraires ou politiques. Elles furent souvent le fait d’universitaires ou de lettrés qui voulaient sortir de la modération savante et des précautions du monde académique. Tout se passe comme si la colère motivait une écriture d’intervention qui prend le risque de se confronter au présent à partir du moment où se taire devient une faute. Face à ce qu’ils ressentaient comme un climat d’apathie propre aux élites de la République, les écrivains engagés ont créé des revues afin d’animer l’espace public et d’intervenir dans la vie intellectuelle. Les exemples ne manquent pas au xxe siècle : les Cahiers de la quinzaine avec Péguy en 1900, Esprit avec Mounier en 1932, Les Temps modernes avec Sartre en 1945…

L’idée d’engagement était le moteur de ces espaces d’écrit

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment, en mars-avril 2012, « Où en sont les philosophes ? ». Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012. Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte anti-totalitaire,…

Dans le même numéro

Colères

Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».