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« Je ne suis pas un intellectuel ». La consécration présidentielle d'un lieu commun

La consécration présidentielle d’un lieu commun

En France, l’anti-intellectualisme est une passion aussi ancienne que son objet. L’intellectuel y est souvent soupçonné d’imposture en raison de sa position sociale plus encore que de ses idées. Éternel spectateur d’un monde qu’il rêve de transformer, il est pris dans la contradiction entre une réalité qu’il dénonce et une société qui le nourrit et qui ne se montre pas avare en rétributions symboliques. Il existe certes aussi une mythologie de l’intellectuel à la française qui a donné naissance à une discipline historique à part entière, les producteurs d’idées entrant de plein droit dans la constitution de l’identité nationale. Mais cette promotion symbolique a un revers pour les intellectuels qui sont tenus pour le miroir, sinon la cause, de toutes les régressions.

Le paradoxe veut que la critique des intellectuels émane le plus souvent du monde intellectuel lui-même. De la Trahison des clercs de Julien Benda à l’Opium des intellectuels de Raymond Aron, on ne compte plus les dénonciations venues du dedans qui stigmatisent l’intellectuel de fait au nom d’une intelligence de droit. Autant d’exercices de style

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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