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Position – Quand la nuit s'éteint

La grève qui a perturbé l’antenne de France Inter au début du mois de janvier trouve son origine dans la suppression des programmes en direct que proposait cette radio durant la nuit. Au-delà du motif immédiat (le redéploiement de deux techniciens), le remplacement en septembre de Sous les étoiles exactement de Serge Levaillant par la rediffusion des émissions du jour a heurté les syndicats, qui considèrent la diffusion d’émissions nocturnes comme une « mission de service public ». Quoi qu’il en soit des devoirs de l’État à peupler les nuits des auditeurs de sons originaux, l’austérité touche désormais aussi les insomniaques (Jean-Luc Hess a dû prélever cinq millions d’euros du budget de Radio France).

Il existe pourtant entre la radio et la nuit un lien d’évidence : dans le noir, c’est à l’ouïe que l’on se fie de préférence. Contrairement à la télévision, la radio n’est pas un instrument qui réclame une attention soutenue. Propice aux atmosphères « entre chiens et loups », elle associe l’imaginaire à des mots dont la présence finit par se dissocier des phrases d’où ils tirent leur signification. L’endormissement est ce moment où l’auditeur peut enfin se libérer de l’exigence de comprendre

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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