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Les institutions politiques : un débat nécessaire et vain

juin 2006

#Divers

À la mi-mai, au milieu de l’affaire Clearstream, le contraste est saisissant entre l’extrême désordre politique manifesté par le débat sur la motion de censure et l’apathie populaire, ou la résignation, qui s’exprime dans les enquêtes d’opinion où le maintien à son poste du Premier ministre reste majoritaire alors que celui-ci continue à égaler les records d’impopularité atteints depuis la crise du Cpe.

Le jugement populaire serait-il devenu si sourcilleux sur la présomption d’innocence qu’il refuse de se prononcer tant que des noms sont seulement cités et qu’aucune mise en examen n’est déclarée ? Prend-il au pied de la lettre les propos de Nicolas Sarkozy, qui « attend que la justice ait fait son travail » pour se déterminer ? Le rempart abusif du secret défense, la promiscuité du Premier ministre avec un industriel qui finit par s’avouer corbeau et un informaticien dégourdi qui ressemble tant au portrait-robot du faussaire, la multiplication des enquêtes et leurs résultats disculpants… Pourquoi tout cela pèse-t-il si peu ? Plutôt qu’une retenue morale devant l’absence de preuves caractérisées, ne faudrait-il pas y voir la confirmation d’un solide cynisme, selon lequel tous les hommes politiques constituent

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