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Le zèle compassionnel de Nicolas Sarkozy

La spécificité de la communication sarkozyste ne tient pas à son fonctionnement rhétorique. Plutôt qu’à l’argumentation, il recourt à l’empathie, à un partage instinctif des émotions collectives. S’il comprend la souffrance, c’est parce qu’il la partage. Et s’il la partage, c’est parce qu’elle est celle de tout le monde. Le leitmotiv n’est plus : « je vous guide parce que j’incarne l’histoire », mais : « je peux gouverner parce que je suis comme vous ». Mais ce partage de la souffrance de tous ne doit pas conduire à confondre pitié, compassion et solidarité.

« J’ai voulu parler à ceux auxquels on ne parlait plus, à la France qui donne beaucoup et qui ne reçoit jamais rien, à la France qui est exaspérée et qui souffre. »

Discours de Nicolas Sarkozy à Charleville-Mézières, le 24 décembre 2006

Le déferlement compassionnel auquel notre société est aujourd’hui en proie peut être décliné de bien des manières. Certaines ne sont pas nouvelles : la promotion de l’humanitaire au détriment de l’action politique, la montée des émotions collectives deva

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Myriam Revault d'Allonnes

Philosophe, professeur émérité des universités à l'École pratique des hautes études, Myriam Revault d'Allonnes a notamment publié La Faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun (Seuil, 2018), La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps (Points, 2016) et Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie (Seuil, 2010).…

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