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Introduction. L'océan, le puritain, le pirate

juillet 2009

#Divers

Depuis les pirates qui écument les mers de Somalie jusqu’au site de téléchargement libre « Pirate Bay » dont les logiciels permettent aux internautes de contourner les lois de la propriété, la question de la piraterie revient sur le devant de la scène1. Un député « pirate » a été élu par la Suède au Parlement européen le 7 juin tandis que, dans le même temps, le Conseil constitutionnel censurait en France le projet de création d’une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l’internet (Hadopi) en s’inquiétant des risques qu’il représentait pour le droit d’expression individuel et la protection de la vie privée. Allons-nous sombrer dans un monde de pillage et de prédation générale ? N’était-ce pas déjà la crainte du juriste allemand Carl Schmitt dans l’entre-deux-guerres de voir les États terrestres, protecteurs de la sécurité et de la propriété, submergés par les puissances maritimes, libérales et océaniques ? Ne retrouve-t-on pas ainsi, en remontant encore dans le temps, le débat qui opposait Hobbes et Milton ? Et n’y a-t-il pas moyen d’échapper à une opposition aussi fatale, de recomposer autrement les cartes de cette histoire ?

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Olivier Abel

Professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie-Montpellier, après avoir enseigné au Tchad et à Istanbul, puis à Paris de 1984 à 2014, où il a créé le Fonds Ricœur. Il a notamment écrit sur la philosophie morale et politique de Calvin, Milton et Bayle et publié récemment Le vertige de l’Europe, Genève, Labor et Fides, 2019.…

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