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Une division occidentale au sein du christianisme?

novembre 2006

#Divers

Le discours de Ratisbonne est une affaire intra-occidentale : Benoît XVI s’y prononce en effet bien plus sur l’Occident que sur l’Islam, qui cache ici la Réforme. En réaffirmant la continuité entre le logos grec et le christianisme romain, il reproche au mouvement de la Réforme d’avoir rompu l’analogie de Dieu avec la raison, et d’avoir affirmé une transcendance trop radicale, une volonté de Dieu trop capricieuse. Dès lors, c’est surtout le protestantisme, avec son double spectre des utopies sectaires et de l’individualisme consommateur, qui est visé.

Je ne ferai que prolonger la réflexion collective engagée dans le sillage des propos de Ratisbonne. Plus j’y réfléchis, plus je suis conduit à prendre au sérieux le désormais fameux discours du pape, pour le respecter au-delà des points d’entente que je peux trouver avec lui, et pour m’y confronter comme à une pensée vraiment différente, et même au fond assez adverse. Notamment parce que Benoît XVI a introduit un ton de franchise qui tranche avec la langue œcuménique des gentilles accolades. Il s’adresse à l’autre, il s’expose et s’exprime. Sans peut-être mesurer avec assez de responsabilité les possibles conséquences de ses propos. C’est qu’il n’est pas d’abord un homme d’�

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Olivier Abel

Professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie-Montpellier, après avoir enseigné au Tchad et à Istanbul, puis à Paris de 1984 à 2014, où il a créé le Fonds Ricœur. Il a notamment écrit sur la philosophie morale et politique de Calvin, Milton et Bayle et publié récemment Le vertige de l’Europe, Genève, Labor et Fides, 2019.…

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