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Dans le même numéro

Devos, le prestidigitateur du rire

juillet 2006

#Divers

On se prend pour quelqu’un alors qu’au fond on est plusieurs.

Raymond Devos est un artiste qui jongle avec les mots, s’amuse du nonsens et ruse avec les sons. Avec lui le langage part dans tous les sens. Un exemple parmi d’autres : « Tu permets que je te tutoie ? Je te tutoie et toi, tu me dis tu. » Je me dis : « Si je dis tu à ce tueur, il va me tuer ! » Je lui dis : « Si on s’épaulait mutuellement ? D’autant que nous sommes tous les deux en état de légitime défense ! » Il me dit : « D’accord ! On se met en joue ». Mais l’erreur serait de ne se souvenir que de magnifiques jeux de mots et feux d’artifice de langage qui rapprochent Devos des surréalistes ou de Lewis Carroll. Pour lui, la perte de sens du langage a toujours affaire avec les cinq sens et donc avec le corps. Comme il y a « matière à rire1 », le rire est physiologique et renvoie à une expérience corporelle que nous ne maîtrisons pas si bien et qui peut mal tourner. « Tout va trop vite ! On ne s’arrête jamais. » C’est pour avoir compris que nous vivions dans des « villes de fous » et que nous pouvions rire méchamment que Devos est devenu une bête de scène, un homme de spectacle dévoué à l’expérience de la représentation.

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