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Introduction. Invitation à une lecture de Georges Nivat

À Esprit, nous avons eu diverses occasions de nouer des liens avec Georges Nivat1. Tout d’abord, à une époque où Soljenitsyne n’était pas seulement soupçonné d’être un agent de la Cia par la seule gauche stalinienne, où Un homme en trop de Claude Lefort troublait de trop rares lecteurs, ses traductions et son ouvrage consacré à l’auteur de l’Archipel – cet ouvrage publié au Seuil dans la légendaire collection « Écrivains de toujours » devait être diffusé en samizdat à des dizaines de milliers d’exemplaires en Russie et salué par Soljenitsyne lui-même – furent des apports intellectuels et des soutiens moraux décisifs pour le petit microcosme de la gauche anti-totalitaire. Et pour cause, les connivences politiques étaient fortes mais aussi l’idée que l’Archipel du Goulag était un « essai d’investigation littéraire » qui éclairait, en raison de l’empathie de l’écrivain et du personnage du prisonnier (le zek), les formes du pouvoir stalinien mieux qu’un essai historique. Si des désaccords ont surgi ensuite, au moment de la guerre en ex-Yougoslavie dans l’après-1989, à propos du Kosovo et de la Serbie, ils n’ont jamais abouti chez l’homme de paix qu’est Georges Nivat à des échanges violents comme ce fut souvent le cas

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Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012   Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte…

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