Dans le même numéro

L’impossible décentralisation

entretien avec

Philippe Laurent

Philippe Laurent est maire de Sceaux depuis 2001. Il est vice-président du territoire Vallée Sud - Grand Paris et de la métropole du Grand Paris. Il est également secrétaire général de l’Association des maires de France et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la gestion publique locale, la décentralisation et la gouvernance locale.

En tant que maire, vous êtes aux premières loges de la relation entre l’État et les collectivités locales. Comment voyez-vous les principales évolutions dans ce domaine ? Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce la crise sanitaire a confirmé, révélé ou infirmé ?

On parle constamment de l’État en France, sans toujours savoir de quoi on parle. Bien souvent on désigne à travers l’État ce qui relève plus largement des pouvoirs publics, ce qui est source de confusion : les collectivités locales sont-elles des prolongements de l’État ou des acteurs publics autonomes qui doivent travailler en partenariat avec l’État ? Ont-elles une source d’autonomie ou non ? L’évolution de nos conceptions à ce sujet a été très lente. Mitterrand disait que la France a eu besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire, et qu’elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire.

Une première rupture dans notre histoire centralisatrice contemporaine intervient avec la loi Defferre du 2 mars 1982, relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions (il y a der

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Philippe Laurent

Maire de Sceaux (UDI), secrétaire général de l’Association des maires de France et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, PhilippeLaurent est notamment l’auteur de Décentralisation : en finir avec les idées reçues (LGDJ, 2009).

Dans le même numéro

Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.