Nicolas Poussin, L’Automne ou la grappe de raison rapportée de la Terre promise (1664, Louvre), photo de Jean-Louis Mazières (Creative Commons, 2014)
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Les « territoires », un élément de langage

Derrière le romantisme du terroir, le pragmatisme du terrain : voilà l’enseignement du sol !

Un nouveau Premier ministre qui se définit d’abord comme « un homme politique enraciné sur [son] territoire1 », un ministère de la Cohésion des territoires, une Agence nationale de la cohésion des territoires, une Banque des territoires, un « Campus des territoires » organisé en 2019 par le parti présidentiel en guise de rentrée politique… On constate la disparition progressive, depuis plusieurs années, dans le lexique politique, du mot « province », au profit d’un usage de plus en plus répandu et enthousiaste du terme « territoires ».

D’un nom hérité de l’histoire, désignant à l’origine la Provence conquise et administrée par les Romains, nous voilà passés à un mot pétri de géographie. D’un singulier à un pluriel. D’une désignation en creux, qui murmurait « tout sauf Paris », nous avons glissé vers une qualification en propre, qui puise son essence dans la matière même du milieu : la terre.

La province, c’était naguère cette étendue anonyme et uniforme, loin de tout. Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux Français pour 2019, lui a rendu un dernier hommage en tenant à rappeler qu’il avait, lui aussi, « grandi en province et [qu’il connaissait] ces terres qui ont été bousculées durant ces dernières décennies et qui parfois doutent ». Sous le costume de parisianisme palpite le cœur blessé d’un provincial. Rastignac : héros tragique. Émotion. Rideau.

Le ri

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