Chute du mur, Berlin 1989 | Thiémard horlogerie wikimédia
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1989 ou le sens de l’histoire

décembre 2019

En 2009, dans son livre 1989, l’année où le monde a basculé[1], Pierre Grosser livrait une réflexion originale sur l’épaisseur, les enjeux et la portée des événements de l’année 1989, notamment en les replaçant, au-delà de la fin de la guerre froide en Europe, dans une perspective réellement mondiale. Cette année, alors que se préparaient les célébrations des trente ans écoulés depuis la chute du Mur, le comité de rédaction d’Esprit l’a invité à revisiter le sens que l’on peut aujourd’hui donner à 1989. Ce texte est tiré de son intervention, dans les locaux de la revue à Paris, le 4 octobre 2019.

Lorsque mon livre sur 1989 est paru, en 2009, sur les plateaux télévisés on parlait davantage des murs en train de se construire que des murs qui étaient tombés. Aujourd’hui on a encore plus l’habitude des murs, mais déjà en 2009 c’était une thématique apposée à celle de la chute du mur de Berlin. Cette année, dans les commentaires sur les événements de 1989, je remarque un regard négatif, voire très négatif. Outre une nostalgie pour les « réussites » de la Rda, on note beaucoup de publications jugeant que 1989 marque le triomphe d’une fausse démocratie, néolibérale, imposée plus ou moins par l’extérieur, ce qui expliquerait la crise actuelle de la démocratie et la vague de manifestations dans le monde. On aurait également raté le virage des relations avec la Russie. Tous les problèmes actuels, c’est-à-dire la montée d’une droite très particulière en Europe de l’Est et les difficultés avec la Russie, s’expliqueraient par le fait d’avoir mal géré l’après-1989. Tous les chemins qui auraient conduit à quelque chose de plus modéré ou inclusif pour la Russie ont été écartés. Bre

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Pierre Grosser

Professeur d'histoire à Sciences Po, son livre 1989, l'année où le monde a basculé (Perrin, 1989), est désormais disponible en poche avec une postface inédite.

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.