Photo : Jon Tyson
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Plan de survie

L’économie est devenue une science de l’ingénierie sociale. Mais la question écologique peut la faire évoluer, avec la question sociale, et si de nouvelles institutions politiques prennent en compte le long terme.

La théorie de la régulation reste l’une des tentatives les plus intéressantes de décloisonner la science économique et de l’inscrire dans une vision historique de l’évolution des sociétés. Cette approche a notamment permis de comprendre la crise du modèle fordiste comme une crise systémique, caractérisée par le divorce entre la croissance économique et le progrès social[1]. Or on a le sentiment que la pensée économique n’a pas durablement profité de cette ouverture et que la discipline est plus que jamais close sur elle-même…

Nous ne sommes toujours pas sortis de la crise systémique que vous évoquez. Dans un article de 1983, Hugues Bertrand explique que la domination de la section exportatrice a érodé la cohérence du système productif et que l’extraversion de l’économie a accusé la divergence des intérêts, au point qu’aucun compromis institutionnalisé, susceptible de renouer avec la croissance, ne s’est dégagé[2].

Pour surmonter cette crise, deux stratégies se sont développées : soit, comme Tony Blair, on essaie de restaurer l’efficacit&ea

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Robert Boyer

Économiste, il a notamment publié Économie politique des capitalismes (La Découverte, 2015).

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Le dossier, coordonné par Bernard Perret, regrette que la prise de conscience de la crise écologique ait si peu d’effet encore sur la science et les réalités économiques. C’est tout notre cadre de pensée qu’il faudrait remettre en chantier, si l’on veut que l’économie devienne soutenable. À lire aussi dans ce numéro : survivre à Auschwitz, vivre avec Alzheimer, le Hirak algérien, le jeu dangereux entre l’Iran et les États-Unis et un entretien avec les réalisateurs de Pour Sama.