Photo : Ra Dragon
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Sublime catastrophe

Quelles représentations de la crise écologique conduisent à l’action ? À celles de l’effondrement correspondent les affects de peur, mais aussi du sublime et du sadisme. Il faudrait plutôt solliciter des affects qui rappellent à l’homme sa finitude : l’inquiétude, le grotesque, la joie, l’abnégation.

« J’aime voir des choses mourir à distance,
Je vis par procuration
[vicariously]
quand meurt le monde entier,
Ne mentez pas, vous aussi vous aimez
»

Tool, « Vicarious », 10,000 Days, 2006

Il n’est (presque) plus besoin de l’expliquer. L’événement est sur toutes les lèvres, dans toutes les discussions, il traîne dans l’air, que ce soit pour s’en affliger, pour s’y confronter, ou au contraire pour le nier. Les récents incendies du Brésil et ailleurs dans le monde nous le rappellent de façon tout à fait urgente. Le réchauffement climatique, et plus largement les dégâts écologiques d’ordres divers, de la pollution des mers à celle des terres, conduisent à une dégradation rapide de l’état global de notre environnement. Les causes de cette crise sont également connues : surproduction, rejets chimiques de l’industrie et de l’agriculture, sur­consommation de ressources, production excessive de déchets, etc. Sa résolution est difficilement concevable sans une transformation globale de notre système économique. Cela suppose de transformer les institutions, les lois qui nous r&eacut

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Xenophon Tenezakis

Professeur agrégé en philosophie, Xenophon, Tenezakis est doctorant en philosophie politique à l'Université Paris Est Créteil.

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.